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Tome premier.
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CHAP. IX. CAMPAGNE DE 1806.

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cette ville sans être obligé de se faire jour.Il ordonna pour le lendemain à la divisionSchmettau de s’établir sur les hauteurs deKosen, et de protéger la marche des quatreautres divisions qui fileraient derrière elle.Cela était fort bien pour s’échapper, si Da-voust fût resté immobile à Naumbourg ;mais, en supposant même que l’armée duroi se sauvât par cette marche dérobée, queserait devenu le prince de Hohenlohe , qu’onabandonnait ainsi avec 50 mille hommes aumilieu de toute mon armée? Si l’on voulaitsortir furtivement de la souricière, du moinsfallait-il prescrire à Hohenlohe de marcherdans la nuit sur Suiza avec son infanterie,pour y joindre le roi et rendre l’opérationd’autant plus certaine. Ce moyen était leseul qui pût sauver l’armée de la destructionqui la menaçait. La division Tauenzien ettoute la cavalerie de Hohenlohe fussent res-tées au camp de Cappellendorf pour mas-quer la marche, et au pis aller les dix ba-taillons de Tauenzien eussent été les seulscompromis, encore pouvaient-ils au jourprendre la roule d’Erfurth, ou même suivrele roi par celle d’Eckartsberg.

On voit que, si le duc de Brunswick s’en-tendait fort bien à mettre une armée dansl’embarras, il ne savait guère aviser auxmoyens d’en sortir.

L’armée du roi s’ébranla à l’aube du jour ;le brouillard dont nous avons parlé contra-ria et retarda sa marche. Cependant la divi-sion Schmettau, arrivant près d’Hassenhau-sen, donna sur la division Gudin que Davoustavait fait marcher dans la nuit pour s’assurerle moyen de déboucher au jour du défilé deKosen. Une heure plus tard, c’en était fait;nos troupes entassées dans le défilé n’eneussent jamais pu déboucher et eussent étésans doute mal menées.

Davoust. revenu la veille de sa reconnais-sance et ayant reçu mes ordres à deux heu-

res du matin, proposa à Bernadotte demarcher avec lui par Kosen sur Apolda , etlui déféra même le commandement des deuxcorps. L’ordre du prince de Neufchâtel àDavoust portait en effet que, si le premiercorps l’avait déjà joint, ils pourraient mar-cher ensemble; mais cette phrase n’avaitpoint été répétée à Bernadotte . Celui-ci,par une exactitude trop scrupuleuse, s’at-tacha littéralement à l’ordre qu’il avait reçude marcher sur Dornbourg. Tout ce queson collègue put lui dire pour le convaincrefut inutile, et il prit en effet le chemin deCambourg. Cette opiniâtreté, difficile à ex-pliquer, faillit compromettre Davoust et lesuccès de la bataille, comme on le verrabientôt.

Le roi de Prusse s’était rendu de sa per-sonne à la division Schmettau, et impatientédu brouillard qui empêchait de découvrir cequi se passait, il chargea Blücher de s’avan-cer avec 2500 chevaux pour charger les trou-pes qui auraient pu déboucher sur le pla-teau. Gudin arrivait précisément avec sacolonne près d’Hassenhausen : notre cava-lerie légère donna nez à nez sur celle biensupérieure de Blücher , et fut ramenée;mais la brigade Gauthier eut le temps deformer ses carrés. Le roi les fit charger;l’artillerie placée sur la chaussée, soutenuepar l’infanterie, rendit vains tous les effortsde Blücher et de ses escadrons.

Cette résistance inattendue effraya le ducde Brunswick ; il voulait mettre l’armée enbataille et attendre la chute du brouillard.Le vieux Mollendorf prétendait que nousn’avions là qu’un corps volant, et qu’il fallaitle culbuter dans le ravin de Kosen. Le roi,partageant cet avis, ordonna aux divisionsde Wartensleben et du prince d’Ürange defranchir le ravin d’Auerstedt. C’était unegrande faute, dès qu’011 était résolu à pren-dre l’initiative, de n’avoir pas fait passer ce