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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
défilé dans la nuit: l’armée prussienne seraitarrivée toute formée sur nos colonnes enmarche.
Wartensleben, qui déboucha le premier,se forma à droite et attaqua la gauche deGudin. En même temps Bliicher, s’étantavancé sur Puncherau, se trouvait en arrièrede notre flanc droit, et le chargea avec au-tant de vivacité que le brouillard un peuéclairci pouvait le permettre. Le momentétait décisif : Davoust, plaçant ses carrés enéchiquier, secondé par Gudin et par l’hé-roïque contenance de son infanterie, re-poussa plusieurs charges consécutives. Blü-cher eut son cheval tué; ses escadronstrouvant partout un front d’airain et un feumeurtrier qui coucha les plus braves parterre, toute cette cavalerie prit en désordrele chemin d’Eckartsberg.
L’arrivée de la division Friant, qui s’éta-blit à la droite, acheva d’assurer le succès surce point. Débarrassé de ce côté, Gudin futbientôt assailli sur sa gauche par les troupesde Wartensleben; Schmettau, qui avaitdéjà perdu la moitié de son monde, futsoutenu sur les deux flancs par le princed’Orange.
Il était neuf heures : le duc de Brunswickrésolut une attaque générale contre notregauche ; il se mit lui-même à la tête de ladivision Wartensleben. L’inébranlable Gu-din tint ferme contre ce nouvel effort, mal-gré la grande disproportion du nombre.L’attaque se fit mollement, quoique aveccourage; les Prussiens visaient trop à con-server leur alignement et leurs distances,comme à la parade. Nos soldats, blottis der-rière les haies, les petits fossés, les sauleset les jardins qui entourent Hassenhausen,les criblaient de balles. Plusieurs bataillonsplièrent, et le duc de Brunswick, en vou-lant les ramener, fut blessé à mort; Schmet-tau eut le même sort,; Wartensleben eut
son cheval tué. Privée de ses chefs, la ligneprussienne hésita , s’arrêta, mais ne rétro-gradait pas. Gudin allait succomber, quandla division Morand parut sur le plateau, etse dirigea à notre gauche. Ce puissant ren-fort de troupes fraîches et électrisées futdécisif. Les Prussiens, repoussés d’Hassen-hausen, n’en tinrent pas moins en arrière ;le roi résolut de tenter sur notre gauche uneffort de cavalerie pareil à celui qui avait simal réussi à Bliicher le matin. Le princeGuillaume exécuta avec courage plusieurscharges contre les troupes de Morand, dis-posées par carrés de bataillons en échiquier.Le dévouement de ce prince, poussé jus-qu’à l’obstination, vint plusieurs fois sebriser devant le front redoutable que nosbraves fantassins lui présentaient : arrêtépar des baïonnettes croisées, fusillé à boutportant, mitraillé par nos batteries, leprince blessé lui-même ne put arrêter ledésordre de ses escadrons qui se sauvèrentpartie sur Neusulza, partie sur Auerstedt.
Friant, de son côté, pénétrait jusqu’àTauchwitz, débordait la gauche du princeHenri et l’extrémité de la ligne ennémie.
A peine Morand fut-il dégagé de l’attaquede cavalerie qu’il se précipita sur Rehausen.Le roi s’était trouvé partout au plus fortdes attaques, et avait déjà eu un chevaltué. Ce prince montrait autant de sang-froid que de courage; il dirigea lui-mêmeune partie de sa réserve au-devant de notregauche ; mais battu en flanc par l’artillerieet l’infanterie dont Davoust fit couronner leSonenberg, il lui fut impossible de rétablirle combat et d’empêcher Morand d’empor-ter Rehausen. Le désordre et la confusioncommencèrent à s’introduire dans l’infan-terie prussienne.
Davoust jugea alors que le moment étaitvenu de frapper le coup décisif : les hau-teurs d’Eckarsberg dominaient la gauche