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Tome premier.
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CHAP. IX. CAMPAGNE DE 1806 .

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me diriger sur Berlin , eouper l’ennemi del’Oder , m’emparer à la fois de sa capitale etde ses communications. Le résultat de cesmarches, bien combinées et rapides commel’éclair, aurait dû trouver grâce devant lesdétracteurs de ma gloire; mais commentexiger que des aveugles apprécient monsystème de guerre, quand le duc de Bruns-wick même le jugeait si mal?

Combat de Halle.

Bernadotte rencontra, le 17 octobre àHalle, le corps de réserve du duc Eugènede Wurtemberg . Ce prince venait à peinede recevoir la nouvelle indirecte de la ba-taille d’Iéna , avec des circonstances si ter-ribles qu’il n’osait y ajouter foi. Il attendait2 mille hommes de son corps en marche deMagdebourg sur la rive gauche de la Saale par Sandersleben : soit qu’il fût surpris, soitqu’il n’osât couper le pont de la Saale avantla jonction de ce détachement, il fut abordési brusquement par la division Dupont, qu’iln’eut pas le temps d’achever ses dispositionspour gagner Magdebourg , ainsi qu’il enavait. le dessein.

Assaillir les bataillons laissés au pont dela Saale , entrer pêle-mêle avec eux, fut pournos troupes l’ouvrage d’un quart d’heure :le gros du corps prussien, campé derrièrela ville, fit encore la sottise de vouloir yrentrer pour la reprendre; un combat très-chaud s’y engagea. Dupont débouche parla porte de Leipsick, soutenu par Rivaudet la cavalerie de Tilly, qui al laquèrent l’en-nemi du côté de Neumarck, et s’emparèrentde la route de Magdebourg . L’ennemi neput tenir longtemps contre la supériorité deBernadotte . Celui-ci, pour compléter la vic-toire, chercha à couper la route deDessau;le duc fit un effort pour sauver sa dernièrecommunication; il y réussit et se mit en re-traite, vivement suivi par les colonnes de

Dupont et de Rivaud. Il vint passer l’Elbe àDessau , et, après en avoir brûlé imparfai-tement le pont, il gagna ensuite Magde-bourg , affaibli par la perte de 30 pièces decanon et 5 mille hommes. Le régiment qui ar-rivait par la gauche de la Saale , entouré detoutes parts dans le défilé deKrollwitz parDrouet et la cavalerie de Tilly, fut du nom-bre des prisonniers.

Cette lutte de 12 mille Prussiens contreles forces supérieures de Bernadotte fut fa-vorisée par l’excellence du poste, mais nelaissa pas défaire honneur à ses défenseurs.Le duc eût mieux fait d’envoyer au régimentqu’il attendait l’ordre de se sauver commeil pourrait à Magdebourg ; il aurait eu alorsla faculté de couper les ponts de la Saale ,et de reprendre intact le chemin de Dessau et de Wittenberg pour détruire entièrementles ponts de l’Elbe et défendre le passage.Cela eût retardé de deux ou trois jours no-tre marche, et sauvé à la fois les corps deHohenlohe , de Blticher et la place deSteltin.

Je marche sur Polzdam et Berlin .

Dans le même temps Davoust, entré le îsà Leipsick, prit la direction de Wittenberg ,et mon quartier-général l’y suivit. On fitdans cette riche cité des captures considé-rables en marchandises anglaises. Lannesmarcha à Dessau; Bernadotte descendit laSaale jusqu’à Bernbourg et Achersleben, eteut ordre de jeter un pont vers Zerbst , poureouper le corps qu’il venait de battre, maisqui s’était déjà réfugié sous Magdebourg .Lannes fit raccommoder les ponts de Des-sau , et Davoust, suivi par Augereau, entra,le 23, à Wittenberg sans résistance. Un faibledétachement prussien qui s’y trouvait eutla maladresse de mettre le feu au pont sansle brûler. Nous nous dirigeâmes aussitôtsur Potzdam, où nous entrâmes le 24.