CHAP. IX. CAMPAGNE DE 1806 .
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l’arrière-garde prussienne entrait à peinedans le camp sous Magdebourg , quand ladivision Legrand s’y précipite avec elle, etrefoule tout dans la place, où régnait la plusgrande confusion.
Le prince de Hohenlohe apprit ici l’issuedu combat de Halle et ma marche sur Des-sau et Wittenberg ; il espéra toutefois quel’incendie des ponts de l’Elbe lui donneraitle temps de gagner Stettin avant nous. Onvient de voir que ces ponts étaient tombésintacts en notre pouvoir.
Il n’y avait que deux partis à choisir, ce-lui de réorganiser et restaurer 50 millehommes sous la protection de Magdebourg ,de tenir la campagne autant que possiblesur les deux rives de l’Elbe , et d’attendrel’effet que l’arrivée des Russes sur l’Oder aurait pu produire, sauf à se jeter dans laplace quand il y serait forcé. Pour cela ilaurait fallu des vivres et munitions en abon-dance, et il n’y avait ni l'un ni l’autre. Ilpouvait se jeter sur Soult, et s’ouvrir unchemin dans le Hanovre , pour se réunir àla division du général Lecocq, et combat-tre en Westphalie aussi longtemps qu’il lepourrait. Le troisième était de ne pas per-dre une minute pour gagner Stettin . il pré-féra celui-ci, et dans l’état des choses, cetterésolution était fort naturelle.
Hohenlohe espérait sortir de Magdebourg avec 68 bataillons et 159 escadrons, y comprisceux que le prince de Wurtemberg avaitramenés de Halle, et destinés à couvrir samarche ; mais le désordre était si grand queKalkreuth, au lieu d’échelonner sa nom-breuse cavalerie à la rive droite, l’avait en-voyée cantonner à la rive gauche de l’Elbe jusque vers Sandau [1], et qu’au lieu de 26faibles bataillons destinés à la garde de Mag-
[t] Un historien prussien fait ce reproche à Kal-kreuth ; d’autres disent que ce fut Blücher qui mena
debourg, il en resta par mégarde 52 cadresentiers dans la place.
Deux routes mènent de Magdebourg àl’Oder : la meilleure et la plus directe estcelle de Brandebourg et de Berlin , l’autreplus au nord par Rathenau, Ruppin, Zeh-denick, Prenzlow et Stettin . Le prince nepouvait pas prendre la première sans ren-contrer nos colonnes débouchant de Wit-temberg sur Potzdam : en préférant la se-conde, il allait au-devant de sa cavalerie,qui marchait de Sandau sur Neustadt, et iléloignait le moment où nous pourrions l’at-teindre. Il ne pouvait pas adopter d’autreparti ; mais il devait aviser à de meilleuresmesures pour l’exécuter et marcher avecplus de vivacité et d’ensemble.
La route de Stettin qu’il suivait se ren-contre à Zehdenick avec celle d’Oranien-bourg que j’avais prise; il ne devait avoir nitrêve ni repos qu’il 11’eût atteint cette villeavec le gros de ses forces et surtout avec sesnombreux escadrons. Il était d’autant plusprobable qu’il y arriverait avant les nôtres,que Murat l’avait suivi en queue par leHartz et venait de le faire sommer dans Mag-debourg par le général Belliard. Commentsupposer que des troupes françaises, répan-dues entre Halberstadt et Magdebourg ,ayant l’Elbe à passer, arrivassent à Zehde-nick avant le prince de Hohenlohe ? c’estcependant ce qui eut lieu, Murat ayant at-teint Zehdenich par des marches rapides,avant les colonnes de Lannes qui ouvraientma marche.
Fautes graves qu’il commet.
Le prince de Hohenlohe, sorti de Mag-debourg , le 23 octobre, se dirigea en troiscolonnes sur Rathenau à la tête de 28 batail-
cette cavalerie sur Sandau, à 15 lieues au-dessousde Magdebourg .
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