CHAP. IX. CAMPAGNE DE 1806 .
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de s’ouvrir un passage, résolut de gagnerBoilzenbourg [1] en faisant un détour parFurstenberg et Lychen , où il attendraitBlücher et une partie de la colonne de ca-valerie qu’il attira à lui pour remplacer cequi lui manquait de troupes à cheval depuisla disparition de Schimelpeninck. L’idéeétait absurde, car nos troupes tenant laroute directe et plus courte de Templin ,on devait bien s’attendre à les retrouver entête de la colonne, avec la chance d’êtresoutenues même plus facilement par lescorps d’armée arrivés les premiers à Ber-lin (Lannes et Davoust).
Quoi qu’il en soit, Hohenlohe , arrivé àLychen le 27, y attendit vainement Blücher qui, informé trop tard de cette marche for-cée, n’avait pas dépassé Gantzer; il nefut pas joint non plus par la cavalerieattendue, et, comme il n’avait pas de tempsà perdre, il continua sa route sur Boitzen-bourg.
Murat l'atteint de nouveau.
Murat n’était pas homme à le laisser pas-ser paisiblement. Instruit dans sa marchede Templin sur Prenzlow de la directionprise par les Prussiens, il se rabattit avecles divisions Grouchy , Beaumont et Lasalievers Wichmansdorf, où il donna sur lesgendarmes de la garde qui flanquaient lamarche. Assaillir, tourner, refouler ce su-perbe régiment de cuirassiers sur les bordsdu lac fut l’ouvrage d’un instant. C’étaientles officiers de ce corps qui avaient insultél’ambassadeur de France pour entraînerplus certainement le roi à la guerre ; ils ex-pièrent cette conduite par l’affront d’avoircapitulé en rase campagne, ce que la cava-lerie ne doit jamais faire.
[1] Boitzenbourg , près Prenzlow , qu’il 11e fautpas confondre avec BoUzenbourg-sur-l’Elbe.
Hohenlohe, effrayé à cette nouvelle,forma son infanterie et hésita s’il persiste-rait à entrer à Boitzenbourg, ou s’il pren-drait un chemin de traverse entre Prenzlowet Passewalk : ce dernier parti était certai-nement le plus prudent; mais il se décidasur le rapport d’une patrouille à entrer àla nuit dans Boitzenbourg, et à prendrele lendemain le chemin de Prenzlow, où ildevait trouver des vivres et fourrages poursa troupe.
Combat et capitulai ion de Prenzlow.
Le 28, le corps s’avança sur Shonermarcket Gustow ; il entra à Prenzlow sans grandobstacle; mais le grand-duc de Berg, arri-vant par la route de Templin, ne pouvantoccuper une ville avec sa cavalerie, l’avaitfait tourner par un détachement de dra-gons, tandis qu’il s’avançait avec deux divi-sions sur le ruisseau de Golmitz, fondaitimpétueusement sur la queue de colonneprussienne, la poursuivait jusque dans lefaubourg, sabrait et faisait jeter les armesau régiment du roi, coupait l’arrière-gardedu prince Auguste, et le forçait, après unebelle défense, à se rendre prisonnier avecson bataillon.
L’infanterie prussienne avait dépasséPrenzlow et pris, on ne sait pourquoi, laroute de Passewalk, au lieu de celle deStettin. Murat fit sommer le prince de Ho-henlohe de se rendre, et Lannes, qui setrouvait là de sa personne, quoique soncorps fût encore bien loin d’arriver, en fitautant pour tromper l’ennemi.
Convaincu qu’il n’avait plus d’espoir degagner Locknitz qu’il croyait au pouvoirde notre infanterie, pris en tête par unedivision de cavalerie et en queue par deuxautres, le prince mit bas les armes avec17 bataillons et 19 escadrons comptant auI moins 12 mille hommes.