CH AP. IX. CAMPAGNE DE 1806.
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rer que le bâtiment était bien réellement dela nation dont il arborait le pavillon, et qu’ilne portait pas de contrebande, c’est-'a-direde munitions navales. Il interdisait aussil’entrée des ports bloqués assez étroitementpour qu’il y eût danger de pénétrer, et lesnavires qui, avertis de ne pas entrer,voulaient le faire par ruse, étaient sai-sissables. Pour opérer un blocus réel ilfallait donc un nombre suffisant de bâti-ments de guerre devant chaque port mili-taire ou marchand.
L’arrêté du conseil, déclarant toute lacôte de France depuis la Seine à Anvers enétat de blocus, s’arrogeait le droit de saisirtout ce qui voudrait faire voile pour cesports, qu’ils fussent réellement investis ounon. Il donnait ainsi, à un décret ministé-riel, une force artificielle plus puissante quetoutes les escadres britanniques ensemble,car en admettant ce principe pour centlieues de côtes en iso 6 , l’Angleterre pou-vait fort bien l’étendre par un second dé-cret à toutes les côtes de la France et de sesalliés et anéantir le commerce européen :ce qu’elle ne manqua pas de faire en effet.
Quoi qu’en dise l’auteur du Manuel surles Neutres, une grande nation qui possèdeavec ses alliés plus de deux mille lieues decôtes, cent vaisseaux de ligne, des colonies,et dont les habitants avides de gloire ont dusang dans les veines, ne saurait tolérer unepareille législation sans se dégrader. J’enfus indigné, et ma position victorieuse m’au-torisant à ne plus garder de ménagement,je lançai à mon tour un décret qui renchéritsur celui du ministère anglais [ 1 ].
Ordres du conseil britannique.
Le cabinet de Londres ne resta pas long-
U] Comme ce décréta fait la base de tout le sys-tème continental, il ne paraîtra pas hors de saison
temps mon débiteur : une première ordon-nance du 7 janvier isû7 déclara de bonneprise tout bâtiment neutre qui ferait le com-merce d’un port de France à un autre, ouà un port de ses alliés.
Jamais Rome et Carthage n’avaient mon-tré autant d’animosité 5 leurs querelles nes’étaient jamais étendues qu’à leur puissancepolitique et à celle des alliés qu’elles entraî-nèrent successivement dans le tourbillon deleur lutte ; jamais elles ne s’étendirent à laprospérité de tout ce qui respire sur lesdeux hémisphères.
Armistice non ratifié par la Prusse.
Tandis que je fulminais contre le nouveaudroit maritime que la Grande Bretagne pro-clamait, mes armées avaient achevé la des-truction de tout ce qui restait de Prussiensen campagne entre le Rhin et l’Oder . Mu-rat, Davoust, Lannes, avaient déjà passé cefleuve pour s’avancer dans la Pologne prus-sienne.
L’hiver approchait; il s’agissait de pren-dre un parti et de consolider nos étonnantssuccès. Il y avait deux moyens de le faire;l’un d’achever l’anéantissement de la Prusseen la divisant pour augmenter mes alliés ;l’autre de lui pardonner en l’attachant àmon char par des bienfaits dont elle senti-rait d’autant plus le prix après sa défaite,et en marchant avec elle au rétablissementde la Pologne .
Le roi de Prusse, arrivé sur l’Oder , m’a-vait envoyé le marquis de Lucehesini pourtraiter d’un armistice ou de la paix ; il futaccompagné du général de Zastrow, dont lecaractère noble et respectable était la meil-leure garantie des intentions sincères du roi.Duroc traita avec eux à Charlottenbourg ,
d’en rapporter le texte. ( Voyez Pièces justifieatives, n° i5