NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
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soutenus par le reste du corps, pénètrentdans les rues.
Blücher , après avoir fait ses dispositions,était rentré dans son logement ; il y était àpeine cpie nos soldats pénétraient déjà dansla rue royale sur ses pas : il n’eut que letemps de sauter à cheval; son état-majorfut pris. Les colonnes de Soult éprouvaientplus d’obstacles à enlever la porte de Ha-novre ; cependant elles venaient d’y péné-trer , quand les troupes de la division Ri-vaud paraissaient dans la rue aboutissante.Blücher parvint à se frayer une issue par laporte de Holstein avec 4 à 5 mille fantassinset à joindre sa cavalerie cantonnée à la rivegauche de la Trave; le reste, au nombred’environ 8 mille hommes, succomba sousle fer du vainqueur ou fut pris les armesà la main. Une lutte sanglante s’engageade rue en rue, de maison en maison, dansles établissements publics. Une soldates-que enflammée par les scènes cruelles n’estpas facile à contenir, les habitants decette cité florissante eurent naturellementà souffrir toutes les horreurs d’une villeprise d’assaut; mais Soult et Bernadotte parvinrent enfin à rétablir un peu d’ordreet de calme.
Le réfuge que Bliicher avait cherché der-rière la Trave ne pouvait retarder sa perteque d’un jour, car la neutralité du Dane-mark ne lui laissait aucune issue : il futforcé de mettre bas les armes le lendemainà Rathenau avec les 10 mille hommes quilui restaient.
L’anéantissement des armées prussiennesn’était pas l’unique résultat de la batailled’Iéna : le découragement qui s’empara detous les militaires prussiens fil encore tom-
ber les boulevards les plus formidables dela monarchie. À ceux que nous avons déjàcités se joignit bientôt la place importantede Magdebourg avec 18 à 20 mille hommesde garnison et six cents pièces de canon;elle ne résista guère mieux que les au-tres , et après quelques heures de bombar-dement, le vieux Kleist se rendit à Neydont la force n’excédait pas celle de lagarnison.
Hameln et Nienbourg se rendirent aussià la première sommation d’une divisiongallo-batave sous les ordres de Savary.
Tandis que mes lieutenants poursuivaientdans toutes les directions les débris de l’ar-mée prussienne, j’étais resté à Berlin , nepouvant rien à une guerre d’avant-garde quise faisait à la fois dans toutes les directions.J’avais d’ailleurs à pourvoir à l’administrationdes grands états que nous venions de con-quérir , à presser les mesures capables denous y maintenir, à passer la revue descorps qui venaient remplacer nos pertes etaugmenter nos moyens, enfin à rêver auxmoyens de profiter de tant de succès.
Décret sur les blocus des îles britanniques .
Ce fut de Berlin même qne je lançai ledécret foudroyant en représailles à l’ordredu conseil britannique qui mettait les portsde la Manche en état de blocus. Au fond ceblocus sur le papier était assez insignifiant,puisque l’Angleterre avait assez de vaisseauxpour l’opérer réellement, et que c’était avecdes escadres seules qu’on pourrait le lever,s’il était formé par des escadres; mais c’é-tait la forme et le principe qui étaient con-traires au droit des gens.
Le droit maritime dans toute l’étendueque l’Angleterre même avait osé lui don-ner, autorisait le droit de visite pour s’assu-