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Tome premier.
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CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.

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le découragement d’une armée poursuiviel’épée dans les reins depuis quatre jours.Mais le soldat russe est surtout remarqua-ble dans les revers; le lendemain d’une dé-faite il a la même contenance que le lende-main d’une victoire. Ces gens-là se battirentcomme des forcenés.

Belle contenance de Soult.

Je dois aussi rendre justice aux miens,ils firent des miracles. Soult soutint seul lepremier effort de l’ennemi; il ne fallait rienmoins que les braves d’Austerlitz pour ré-sister à un pareil choc.

La supériorité numérique du canon en-nemi nous fut encore fatale ; et je comprisque le temps où l’on allait conquérir un paysavec 40 pièces, comme je l’avais fait à Ma-rengo, était déjà bien loin de nous.

Soult avait considérablement souffert,quand le 7 ° corps déboucha pour formernotre centre et attaquer celui de l’ennemi.La cavalerie de Murat, renforcée de la di-vision St-Hilaire du corps de Soult, appuyaità droite pour faciliter l’arrivée de Davoust.La neige tombait à si gros flocons que l’airen fut obscurci : on ne voyait pas à deuxpas.

Désastre d'Augereau.

Tandis que Touczkof s’opposait devantEylau à la division Legrand, le généralDoctorof fit avancer les deux grosses co-lonnes de la réserve pour s’opposer à Au-gereau; la division Essen manœuvra pourle prendre en flanc. Malheureusement cecorps d’armée donna sans s’en douter entrela réserve de cavalerie des Russes et cellede leur infanterie ; on ne s’en aperçut quequand les escadrons se trouvèrent pêle-mêle avec la i r0 division. On voulut formel-les carrés; il n’était plus temps : d’ailleursles fusils trempés ne faisaient pas feu ; et

les troupes d’Augereau, assaillies de toutesparts, battues par 40 pièces de position, de-vinrent victimes d’une funeste erreur. Ladivision Desjardins fut à moitié mitrailléeou sabrée; et celle d’Heudelet n’eut pas unmeilleur sort : le premier périt, et le se-cond fut grièvement blessé; Augereau re-çut aussi un coup de feu.

Grande charge de notre cavalerie.

Pour le dégager un peu, j’ordonne à Mu-rat de faire charger toute la réserve decavalerie sur le centre ennemi. La divisiond’Essen est enfoncée, et toute notre massede cavalerie perce avec une valeur remar-quable jusqu’à la 3° ligne des Russes adosséeà un bois. L’infanterie ennemie plus dispo-sée à se faire hacher qu’à se rendre, resserreses rangs à mesure que nos escadrons lapressent et la dépassent : chargés à leurtour par des troupes fraîches, nos cavalierssont forcés de songer à revenir sur leurspas après avoir perdu le général d’Haut-poult, Dahlmann et plusieurs autres chefsdistingués. Mon aide-de-campCorbineau futemporté par un boulet. Le retour devintaussi difficile que les premières charges;car les Russes reformés ayant fait face enarrière, il fallut de nouveau s’ouvrir unpassage le sabre au poing.

Dans ces entrefaites, une des colonnesrusses qui avaient repoussé Augereau ,poursuit les débris de ce corps en longeantla rue occidentale d’Eylau, et perce ainsjusqu’au pied du cimetière où je metrouvaisavec une batterie de la garde, ayant àquelque distance de là les 6 bataillons devieille garde qui formaient ma dernièreressource. J’ordonne à mon escorte, de îoohommes, de charger le front de celte co-lonne pour arrêter son élan et me donnerle temps de faire mes dispositions. Un ba-taillon de mes grenadiers s’avance l’arme au