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Tome premier.
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CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.

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et Benningsen me sauva le désagrément delui abandonner le champ de bataille. Il seretira sur Kœnigsberg , et se couvrit duPrégel : Murat le suivit le lendemain jus-qu’à deux lieues de cette ville. La retraitede Benningsen sur Kœnigsberg m’offraitl’occasion de frapper un coup terrible surl’armée russe, qui se rejetait avec tant d’im-prudence dans un cul-de-sac sans autre is-sue que la mer et le Strand. Si Bernadotte et Lefebvre eussent été là sous ma main,j’aurais pu marcher sur Tapiau et placerl’ennemi dans une situation affreuse : maisle reste de mon armée, à l’exception ducorps deNey, avait tant souffert, que je crusplus prudent de lui accorder du repos etd’attendre que Dantzick fut rendu avant dereprendre l’offensive.

Bernadotte entra en ligne deux joursaprès, ainsi que les cuirassiers de Nansouty.Le corps de Lefebvre, dirigé sur Osterode,pouvait déjà être considéré comme une ré-serve. Indépendamment de ces renforts,j’attendais encore les 8 mille grenadiersréunis qu’Oudinot amenait de Varsovie , surPultusk et Willenberg.

Telle fut la cruelle bataille d’Eylau, si in-téressante par les circonstances extraordi-naires qui l’accompagnèrent, et si peu déci-sive par ses résultats. A onze heures, Soult avait beaucoup souffert, et le corps d’Au-gereau n’existait pour ainsi dire plus. Touteût été perdu sans la bonne contenance queje fis pendant trois heures au cimetière d’Ey-lau à la tête de ma garde, de ma cavalerieet de l’artillerie que je dirigeais moi-même.L’armée ne me refusera pas le témoignageque je fus le moins ébranlé de la positioncritique dans laquelle nous fûmes placésjusqu’à l’arrivée de Davoust. J’aurais vouluvoir à mes côtés ceux de mes détracteursqui m’ont accusé de manquer de présenced’esprit et de courage.

Mon ai mée abîmée rentre en quartiers d’hiver.

C’était l’ennemi qui m’avait forcé à levermes quartiers. Je n’avais nulle envie de faireune campagne d’hiver : j’attendais des ren-forts et surtout beaucoup d’artillerie et demunitions. Je me hâtai donc de rentrer encantonnements. LaPassarge en couvrait lagauche ; le centre l’était par l’Aile, depuisGuttstadt jusqu’à AUenstein , et la droitepar l’Omuleff. Je fixai mon quartier-géné-ral à Osterode, et plus tard au château deFinkenstein. Bernadotte , à gauche, occu-pait Holland et Braunsberg ; Soult campaità Wormdit, Liebstadt et Mohrungen 5 Neyen avant sur l’Aile à Gutstadt et AUenstein ;Davoust à droite à Hohenslein et Gilgen-bourg. La cavalerie fut répartie avec cescorps pour mieux couvrir les cantonne-ments. Lefebvre retourna vers Dantzickpour f’investir.

Combat d’OstroIenka.

Au moment où je m’établissais derrièrel’Aile, les divisions que l’ennemi avait lais-sées sur la Narew , renforcées par celle deMoldavie , attaquèrent ma droite. Lannesétait malade: Savary commandait son corps;heureusement pour lui Oudinot, qui se trou-vait en marche pour venir me joindre parWillenberg, avait eu l’ordre de le soutenirau besoin, et arriva à point nommé pour lefaire. Une division russe longeait la rivedroite de la rivière; Savary, secondé parSuchet, se porta à sa rencontre et la re-poussa. En même temps les deux autres di-visions attaquaient Ostrolenka par la rivegauche. L’ennemi pénétra momentanémentdans la ville ; nos troupes le rechassèrent,et débouchèrent elles-mêmes de la ville pourlui livrer un combat qui tourna à notre avan-tage. Les Russes se retirèrent avec pertede 7 canons et de 15 cents hommes, au nom-