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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CESAR, ETC.
humains, fut porté peu de semaines aprèsà la tête d’un nouveau ministère [1], quile disputait à celui de Pitt pour l’exagéra-tion de sa haine contre la grandeur de laFrance et de son chef. Canning prit à cetteépoque la direction des affaires étrangères,et ses opinions sur ce point n’étaient pasplus douteuses que celles de Perceval.
Ces hommes d’état se persuadaient que,s’ils laissaient consolider l’empire que mesderniers succès avaient étendu jusqu’à laVistule , l’Angleterre ne tarderait pas à êtrerejetée dans les puissances du second ordre.Peut-être n’avaient-ils pas tort ? Mais ilss’exagéraient mon ambition, aussi bien quele danger qui les menaçait. Cette exagéra-tion en amenait une autre ; c’était celledes concessions qu’ils prétendaient néces-saires de ma part pour assurer, disaient-ils,le repos de l’Europe ;or ce qu’ils nommaientle repos de l’Europe , n’était autre chosepour eux que le triomphe de l’Angleterre.Un patriotisme fort respectable, mais pousséà l’excès les animait contre moi, et me for-çait à les payer de retour. Ils me croyaientdangereux à l’Angleterre, et me mettaientdans la nécessité, par leur exagération, de lestraiter comme des ennemis irréconciliables.
Traité de la triple alliance de Bartenstein .
Au même instant où cette révolution mi-nistérielleenlevaittoutespoirde faire la paix,et où nous nous disputions sur des acces-soires, la Russie et la Prusse, resserraientleurs liens à Bartenstein , le 26 avril, avec laferme résolution de me refouler derrière laligne du Rhin . Bien qu’on ne stipulât pas,comme en isos, de m’enlever la Lombardie et la Belgique , ce traité voulait me rejeter
[0 Le 25 mars, Perceval prit les rênes du conseilavec le litre de chancelier de l'échiquier et premierlord de la trésorerie; ses collègues étaient : Can-ning, aux affaires étrangères; Castelreagh , à la
entièrement hors de l’Allemagne , et laissaitentrevoir la restitution de la Hollande à lamaison d’Orange.
Je le répète une fois pour toutes, il fautqu’un Russe soit Russe , et qu’un Prussiensoit Prussien; il n’y a de blâmable et deméprisable que les hommes qui, par intérêtou haine personnelle, veulent l’abaissementde leur propre pays et y travaillent de toutleur pouvoir. Toujours disposé à rendrejustice à qui il appartient, je reconnais quece traité, beaucoup plus modéré que leprojet de isos, convenait parfaitement à cesdeux puissances. L’Angleterre se hâta d’yaccéder : Canning fit même allouer à laPrusse un subside de 25 millions pour re-cruter son armée et préparer l’expéditionanglaise, qui devait faire une diversion surl’Elbe. Mais autant il convenait à la Russie et à la Prusse de me rejeter au delà duRhin , autant il était difficile d’exiger quevictorieux, maître de l’Allemagne et alliéà 10 millions d’Allemands, je décampassecomme un lâche sans disputer à mes adver-saires l’influence qu’ils voulaient m’enlever.Il n’y avait donc que l’épée qui pût trancherla difficulté et décider la question. Mes dé-tracteurs oseront-ils imputer cette prolon-gation de la guerre à mon ambition ?qu’auraient dit de moi les Français et lapostérité, si j’eusse agi autrement? Pouvais-je rendre tout le continent sans rien de-mander d’équivalent à l’Angleterre? N’eût-il pas été honteux d’abandonner la Bavière ,la Saxe et le Wurtenberg au ressentimentde mes ennemis? de faire perdre aux Turcsdeux provinces que le cabinet de Londres avait promises aux Russes ; tandis que lesultan, docile aux conseils de mon ambassa-
guerre ; Gambden, Mulgravc , Hawkesbury , Port-land, Westmoreland, Eldon et Melville-Dunda», auxautres postes du conseil.