CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.
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et en profiter pour acquérir les principautés.Au lieu de cela, il se voyait seul exposé àtout le poids de mes forces, tandis que l’Au-triche ne bougeait pas, et que l’Angleterrepromettait toujours de puissantes diversionsqu’elle ne faisait jamais. Sans doute l’intérêtde la Russie se trouvait actuellement lié ausort de la Prusse : toutefois, il ne fallait pascompromettre le salut de l’empire pour celuid’un allié nouveau, que l’Europe , plus inté-ressée, abandonnait. Je pouvais donc con-cevoir quelque espérance de l’amener à lapaix. Ce prince ne se montra pas éloigné dela faire, mais il voulait des avantages sur leDanube et l’intégrité de la Prusse, chosesassez difficiles à concilier avec ma posi-tion. Il proposa du reste un congrès à Co-penhague , où tous les puissants intervien-draient.
Dans ces entrefaites je reçus un envoyépersan, dont le maître apprenant nos vic-toires sentit de quel intérêt il pourrait êtrede nous allier. Maret fut chargé de négocieravec lui, et réussit à conclure un traité of-fensif et défensif des plus avantageux. J’en-voyai de mon côté à la cour de Téhéran legénéral Gardanne avec quelques officiers detoutes armes, intelligents et instruits. Onnégocia aussi avec la Porte, qui avait chargéWaleb-Essendi de me proposer une allianceplus étroite sous la condition de ne pointfaire de traité séparé. J’eus le bon esprit dedécliner une telle clause Ma situation étaittropcompliquée pourm’imposer de tels liens.Bien qu’à cette époque l’état ottoman fûtencore entre les mains de Sélim ni, c’étaitun allié trop chancelant pour faire dépendremes négociations des caprices du divan. Jelui promettais de prendre tout l’intérêt pos-
[1] C’élail faire trop d’honneur à Talleyrand , quede le confondre avec moi dans un même anathème :le déclamaient' anglais ignorait que Talleyrand .
sible à l’empire qui était mon allié naturel,mais je ne pouvais rien de plus.
Celles entamées avec l’Angleterre sont réponsséesparle nouveau ministrePerceval.
Quant aux négociations avec l’Angleterreet la Russie , les conditions en étaient tellesque je n’aurais pu les accepter. D’un côté,l’on exigeait que j’abandonnasse les Turcs,qui, grâce à Sébastiani, venaient de mon-trer tant d’énergie contre l’escadre anglaise et nos ennemis communs ; de l’autre, l’An-gleterre ne voulait faire, pour sauver sesalliés du continent, aucune des concessionsmaritimes qu’exigeait notre sûreté. 11 n’yeut donc pas moyen de s’entendre. Il estvrai que lord Grenville et Grey ( Howick )avaient, au commencement de l’année, té-moigné solennellement la possibilité de né-gocier sur la base de Xuti possidetis, et sile cabinet eût apporté les mêmes disposi-tions au congrès proposé à Copenhague ,rien n’aurait pu s’opposer à une paix géné-rale; mais une de ces révolutions ministé-rielles qui changent quelquefois la directionde la politique anglaise, du moins dans sonallure apparente, vint prouver qu’il nefallait rien en espérer, et fut peut-être lerésultat de cette déclaration. Perceval s’é-leva vivement dans la chambre des com-munes contre ce système pacifique, et dé-clara hautement que tant que je serais à latête des affaires delà France , et que j’auraisTalleyrand pour conseil, il n’y aurait aucunmoyen d’espérer une paix solide et hono-rable [î]. Cet ennemi de notre repos, ap-plaudi par la majorité de l’Angleterre, aulieu d’êlre rappelé à des sentiments plus
possesseur d’une grande partie des fonds bernoisplacés en Angleterre, soupirait après la paix qui luieût rendu ses millions séquestrés.