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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.

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commandé alors par Victor, et qui avaitquitté la basse Passarge pour se rappro-cher par Mehlsach, se dirigea aussi surPreuss-Eylau.

[I repasse PAlfe offensivement.

Benningsen, arrivé à la hauteur de Fried-land, avait tout-à-coup suspendu sa marchesur Wehlau . Piqué de se voir décidémentprévenu par nous à Kœnigsberg , il résolutde passer lui-même l’Aile offensivementdans l’espérance de battre en détail les dif-férents corps de notre armée. Ce coup detête lui réussit mal. Ce n’est pas qu’il ne fûtassez conforme aux règles de la guerre,qui prescrivent d’opérer autant qu’on le peutsur l’extrémité de la ligne ennemie, du côtéopposé à la mer; mais il aurait fallu le faireavec la vigueur que je sais mettre à mes en-treprises, et s’en tenir à une série decombats partiels sans engager de bataillegénérale. Le général russe y était d’autantplus intéressé qu’il attendait l’arrivée d’uncorps de 26 à 28 mille hommes que le princeLabanofflui amenait par Tilsit, etqueje n’a-vais, au contraire, aucun renfort à espérer.

Bataille de Friedland.

Conformément, à ce projet, Benningsen,précédé de toute la cavalerie de réservedu prince Galitzin, prit, le is au soir, laroute de Friedland.

Un de nos régiments de housards quioccupait déjà cette ville en fut chassé lemême soir. Le 14, à la pointe du jour, l'ar-mée russe passa la rivière, et s’étendit dansla plaine de la rive gauche. Le corps deLannes arrivait près de Friedland ; horsd’état de disputer aux ennemis la possessionde la plaine, il réussit du moins à se main-tenir dans le village de Posthenen et dansles bois environnants. Quelque parti queprit l’ennemi, il me convenait de me serrer

sur la droite pour lui barrer le chemind’Allenbourg à Wehlau. A cet effet, j’avaisporté Mortier au soutien de Lannes, etm’étais avancé avec la garde sur Domnau,où la moitié des réserves de cavalerie et lecorps de Ney se dirigeaient également.Victor reçut l’ordre de forcer de marchepour dépasser cette ville.

Informé à Domnau de la situation desaffaires et du retour inattendu de l’ennemi,je m’empressai d’envoyer Mortier au secoursde Lannes. J’ordonnai à ces deux maréchauxde contenir autant que possible les Russes ,pour me donner le temps d’arriver avec magarde et le corps de Ney et de Victor. L’en-nemi, en me présentant la bataille, acculéà l’Aile, me donnait une trop belle occasionde célébrer l’anniversaire de Marengo, pourque je la laissasse échapper. Lannes etMortier exécutèrent ponctuellement ce quileur avait été ordonné, en pivotant sur leurgauche pour défendre Heinrichsdorf etcouper la route de Kœnigsberg . Il faut conve-nir que l’ennemi les seconda admirablement.Au lieu de nous aborder franchement, ils’amusa à tirailler, canonner et se déployerdurant cinq à six heures, sans faire un pas.

J’arrivai enfin vers une heure après midi,suivi à deux heures d’intervalle par Ney etVictor. Murat avec la moitié de la cavalerie,et les corps de Davoust et de Soult étantencore engagés dans leur mouvement surKœnigsberg , je prescrivis aux deux premiersde se rabattre dans la direction de Fried-land. Peut-être eût-il été convenable de lesattendre pour acquérir une supériorité dé-cidée sur Benningsen : je n’aurais pointhésité à le faire, si j’avais cru qu’il osâtpoursuivre sa marche contre moi et s’en-gager sur la route de Kœnigsberg dans ladirection d’Abschwang. Renforcé de 40mille hommes et ayant alors ma belle cava-lerie, je l’aurais acculé aux forêts inaréca-