CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.
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geuses de Zehlau et de Frischind, dont ilne serait jamais sorti. J’avais si bien prévutontes les chances qui venaient s’offrir àmoi, que j’avais fait écrire au grand-duc deBerg ce qui suit :
« L’ennemi est ici en bataille avec toute« son armée. Il a voulu d’abord déboucher« parla route de Stockeim sur Kœnigsberg ,« maintenant il ne parait plus songer qu’à« recevoir la bataille qui va s’engager. J’es-« père que vous serez entré dansKœnigsberg;« et comme le corps de Soult suffit pour« garder cette ville, vous vous serez, sans« doute, rabattu avec le reste de la cava-« lerie et le corps de Davoust sur Friedland.« Cela est d’autant plus urgent, qu’il est« possible que l’affaire dure encore demain.« Tâchez donc d’arriver à une heure du
matin. Si j’aperçois, au début de l’ac-« tion, que l’ennemi soit trop en forces, il« serait possible que je me contentasse au-« jourd’hui de le canonner et que j’atten-« disse votre arrivée. »
Mais après avoir reconnu de plus près lecoupe-gorge dans lequel Benningsen s’étaitengagé, et réfléchissant au caractère peuentreprenant de mon adversaire, je pensaique, pour trop bien manœuvrer, il ne fallaitpas négliger l’occasion sure de le punird’une faute. On va voir que j’eus raison dem’en tenir à ce parti.
Friedland est situé dans un coude del’Aile dont le rentrant était tourné du côtédel’ennemi. Ce rentrant s’ouvrait peu à peudu côté où nous arrivions, et se resserraitau contraire à tel point qu’il n’y avait aufond que l’emplacement de la ville et celuid’un long étang formé par un ruisseau re-tenu pour fournir l’eau à des moulins et quise jette ensuite dans l’Aile.
La gauche de l’ennemi, composée de qua-tre divisions sous le prince Bagration , ap-puyait d’un côté à un coude de l’Aile un
peu au-dessus de Friedland; de l’autre auruisseau du moulin, qui coupe la plaine endeux, et séparait cette aile de la droite.Celle-ci, forte de 3 divisions aux ordres duprince Gortschakof et des deux tiers de lacavalerie, s’étendait au nord dans la plaine,en face de Heinrichsdorf. L’ennemi pourfaciliter ses communications avait jeté troisponts sur l’Aile, immédiatement à côté de laville et très-près de son aile gauche. Il étaitévident que pour frapper un coup décisif ilfallait d’abord culbuter cette gauche, afin des’emparer de Friedland et des ponts ; car ladroite, étendue jusqu’à trois quarts de lieuede la ville au nord, se trouverait acculée àl’Aile et coupée. En un clin d’œil, j’arrêtaimon plan d’après ces données. Les dispo-sitions les plus claires furent dictées à ceteffet. Elles doivent trouver place ici.
« Le maréchal Ney prendra la droite de-« puis Posthenen jusque vers Sortlack, et« il appuiera à la position actuelle du géné-« ral Oudinot . Le maréchal Lannes fera le« centre, qui commencera à la gauche du« maréchal Ney , depuis Heinrichsdorf jus-« que à peu près vis-à-vis le village de Post-ii henen. Les grenadiers d’Oudinot , qui for-ii ment actuellement la droite du maréchal« Lannes, appuieront insensiblement à gau-« che pour attirer sur eux l’attention de« l’ennemi. Le maréchal Lannes reploiera« ses divisions antanl qu’il le pourra, et par« ce ploiement, il aura la facilité de se pla-ît cer sur deux lignes. La gauche sera for-« mée par le maréchal Mortier, tenant Hein-« richsdorf et la route de Kœnigsberg , et« de là s’étendant en face de l’aile droite« des Russes . Le maréchal Mortier n’avan-« cera jamais, le mouvement devant être« fait par notre droite qui pivotera sur la« gauche.
ii La cavalerie du général Espagne et les« dragons du général Grouchy , réunis à la