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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.
proie plus assurée encore que celle deBay-len. Wellesley même fut appelé à Londres pour y rendre compte de sa conduite, et ilne fallut rien moins que ses talents recon-nus et le crédit de sa famille pour le sauverd’une disgrâce.
Junot encourut de ma part le reproched’avoir laissé trop de monde à la garde deLisbonne , de Santarem et de la rive gauchedu Tage , et d’avoir attaqué Wellesley pa-rallèlement sur le centre au lieu de manœu-vrer pour fondre sur sa gauche par unmouvement de nuit. Toutefois, en suppo-sant que Junot eût agi selon mon gré etqu’il eût repoussé Wellesley sur l’embou-chure de Mondego, l’arrivée des troupes deMoore et de Dalrymple, la levée généraledes Portugais, et ce qui se passait en Espa-gne , ne lui laissaient aucun espoir de re-traite. Je n’avais donc qu’à m’applaudir del’heureux traité qui me rendait une arméedont la perte semblait certaine.
Guerre et succès des Russes en Finlande .
Tandis que ces choses se passaient dansle midi, la Russie avait déclaré la guerre àla Suède qui s’obstinait à rester dans lesgriffes du léopard. L’impétueux descendantde Charles xn avait résisté à toutes les dé-marches que nous avions tentées pour luifaire déclarer la guerre aux Anglais . Lesuns prétendent qu’il poursuivait avec unechevaleresque obstination la carrière qu’ils’était imposée depuis l’événement du ducd’Enghien qui nous avait brouillés; d’autrespensent que la catastrophe de Copenhague et l’espoir de se faire céder la Norwége leretenaient par dessus tout dans les liens ducabinet de St-James. L’Angleterre lui payaitdes subsides; le pavillon suédois flottait surles mers en se soumettant au code britan-nique. Gustave jugeait, cet ordre de chosesà la fois utile à son commerce et conforme
aux principes qu’il avait manifestés. Tantqu’il n’exposait que la Poméranie et Stral-sund, on pouvait s’expliquer ce système,mais quand l’empereur Alexandre se fut dé-claré , il est difficile de concevoir qu’il aitosé lutter contre les deux plus grandes puis-sances du continent.
Le cabinet de St-Pétersbourg convoitaitdepuis un siècle la Finlande , province im-portante qui, située aux portes de la ca-pitale de l’empire, était plus précieuse en-core à la Russie qu’à la Suède , dont elleétait séparée par le golfe de Bothnie, et àlaquelle elle ne tenait continentalement quepar des déserts situés pour ainsi dire sousle pôle.
Le 9 février isos, malgré un froid exces-sif, le général Buxhowden entra en Fin-lande à la tête de 20 mille Russes . Aprèsd’insignifiantes escarmouches, il s’emparad’Helsingfors , laissa un corps d’observationdevant l’importante place de Sweaborg etse rabattit sur Tawasthous, afin de préve-nir l’ennemi à Wasa, et de le couper s’ilosait tenter de défendre Abo et le littoral.Ces dispositions eurent une partie du suc-cès désiré. Si les chemins et les neiges nepermirent pas d’arriver à Wasa avant l’en-nemi , on accéléra du moins sa retraite etl’occupation de toute la province, en leforçant à se retirer en désordre sur Swea-borg.
Frise importante de Sweaborg.
Dans cet intervalle, Buxhowden avaitsoumis les forts de Schwartholm et deKangout, et bloqué Sweaborg sur les gla-ces. Ce Gibraltar de la Baltique , qui peutdonner asile aux plus grandes flottes, setrouve à l’entrée du golfe d’Helsingfors ,dont il ferme l’entrée par les sept îles ro-cailleuses sur lesquelles il est construit.Comme rade, forteresse et arsenal, cet