CHAP. XII. ANNÉES 1807 ET 1808.
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établissement maritime ne le cède à aucunautre [i]. Les parages en sont un peu dif-ficiles pour de grandes escadres, mais re-lativement aux forces employées par lesdeux partis dans le golfe de Finlande , ilne laisse rien à désirer. L’amiral Cronstedty commandait environ 3 mille hommes detroupes de ligne et autant de milices deFinlande . Après un blocus exécuté sur laglace du golfe et un simulacre de bombar-dement qui dura du 8 au 25 mars, il rendithonteusement la place au moment où leretour du printemps pouvait lui faire espé-rer d’être dégagé du côté de la mer, et oùun succès remporté à Brahestadt par lesSuédois sur la division Touczkof aurait puchanger la face des affaires sur terre. IIdéfila le 24 avril, et se rendit prisonnier.
Cette importante conquête valut aux Rus-ses , outre les prisonniers et une place im-prenable, 2 mille pièces de canon de marineou de remparts et des approvisionnementsconsidérables. Dès lors, il était impossibleque les Russes , renforcés jusqu’à 40 millehommes à la fin de la campagne, pussentêtre délogés de la Finlande .
Bernadolte entre en Zélande et en Fionie pour menacer la Suède .
De mon côté, je n’avais pas laissé mesforces dans l’inaction ; je sentais que lesRusses , devant tourner le golfe de Bothniejusque près du pôle, trouveraient de gran-
[t] Sweaborg est construit sur sept rochers sépa-rés du continent; plusieurs de ses bastions sont tail-lés dans le roc même; les autres sont casematés etentièrement inabordables par leur situation. Il yavait 700 pièces de canon en batteries depuis le cali-bre de 48 jusqu’à celui de 6. t,a rade ou pour mieuxdire le golfe qui est fermé par sept îles, peut donnerabri à des flottes innombrables.
des difficultés à y opérer avec des forcessuffisantes pour oecuperla Suède ; je résolusde les seconder en menaçant Gustave aucentre de sa puissance, et en faisant entrerune armée en Zélande de concert avec lesDanois. Les flottes anglaises ne pouvaientpas tenir le Sund dans les gros temps d’hi-ver , et il suffisait de quelques heures pourdescendre en Scanie. Cette seule possibilitéforcerait les Suédois à garnir cette côte, etopérerait ainsi une utile diversion à mesalliés, si même elle ne décidait Gustave àplier son caractère altier sous la loi impé-rieuse du salut de l’état. Bernadotte , quiavait remplacé Brune [ 2 ], entra donc enZélande à la tête de 30 mille hommes, parmilesquels se trouvait une des divisions es-pagnoles de la Romana ; l'autre divisionresta en Fionie et dans le Holstein avecd’autres troupes françaises; Les Anglais ,instruits de cet événement, et craignantque nous ne fissions à la Suède et à sa flottece qu’ils avaient fait au Danemarck, se hâ-tèrent d’envoyer le général Moore avec uncorps de îo mille hommes à Gothembourg (17 mai). Les événements qui se passèrent enEspagne décidèrent bientôt le gouverne-ment anglais à rappeler ce corps pour l’em-ployer plus utilement dans la péninsule.
On vient de voir qu’il n’arriva pas à tempspour la délivrance du Portugal , mais nousne tarderons pas à le retrouver dans lesplaines de la Castille.
[ 2 ] Brune était accusé de faire la contrebande àHambourg ; il avait eu une entrevue avec le roi deSuède Gustave àSchlalkow, dans laquelle il n’availpas montré la dignité d’un représentant du grandempire, ni l’attachement qu’il devait à Napoléon :celui-ci lui ôla le commandement, et Bernadotte futdestiné à le remplacer.
fi v nu TOME
PREMIER.