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Tome premier.
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PIÈCES JUSTIFICATIVES.

à la nature et à l’étendue des moyens parlesquels ils peuvent être obtenus. Le premier estcertainement celui que les vœux de S. M. etceux de l’empereur voudraient voir établi sansaucune modification ni exception; et rien demoins ne pourrait complètement satisfaire lesvues que les deux souverains ont pour la déli-vrance et la sécurité de l’Europe . S’il était pos-sible de réunir à la Grande-Bretagne et à laRussie les deux autres grandes puissances mi-litaires du continent, il paraît hors de doutequ’une telle réunion de forces les mettrait enétat d’accomplir tout ce qu’elles se seraientproposé. Mais si ( comme il y a trop de raisonde croire ) il était impossible de faire entrer laPrusse dans la confédération, on peut douterqu’il y ait moyen de faire dans toutes les partiesde l’Europe les opérations qui seraient néces-saires pour le succès de la totalité du projet.

Le second point renferme en lui-même lamatière de plus d’une considération importante.Les vues et les sentiments qui animent égale-ment S. M. et l’Empereur de Russie , lorsqu’ilstentent d’établir ce concert, sont purs et désin-téressés.

Leur principale vue, à l’égard des pays quipeuvent être enlevés à la France , doit être derétablir, autant que cela est possible, leurs an-ciens droits, et de fonder le bien-être de leurshabitants ; mais en envisageant cet objet, ils nedoivent pas perdre de vue la sécurité généralede l’Europe , d’où même cet objet particulierdoit principalement dépendre.

Par suite de ce principe, il ne peut pas êtredouteux que si quelques-uns de ces pays sontcapables d’ètre rendus à leur ancienne indé-pendance, et placés dans une situation où ilspuissent la défendre , un tel arrangement doit

[1] Pitt, tout en parlant de grands principes de justice,montre ici la griffe du léopard; l’Espagne a reconnu queses intérêts maritimes étaient les mêmes que ceux de la

être très-analogue à la politique et aux senti-ments sur lesquels ce système est fondé. Maison trouvera, parmi les pays actuellement sou-mis à la domination de la France , d’autres aux-quels ces considérations ne sont point appli-cables , soit que dans ces pays les anciennesrelations sont tellement détruites qu’on ne peutpas les y rétablir, soit que leur indépendancen’aurait lieu que de nom, et serait aussi incom-patible avec la sûreté des pays mêmes qu’aveccelle de l’Europe . Heureusement le plus grandnombre entre dans la première catégorie. Siles armes des alliés étaient couronnées de suc-cès au point de dépouiller la France de tous lespays qu’elle a acquis depuis la révolution, ceserait certainement leur premier but de réta-blir les républiques des Provinces-Unies et dela Suisse, et les territoires du roi de Sardaigne ,de la Toscane , de Modène ( sous la protectionde l’Autriche) et de Naples ; mais celui deGênes, celui de la république italienne , renfer-mant les trois légations, ainsi que Parme etPlaisance; et, d’un autre côté, les Pays-Rasautrichiens, les pays sur la rive gauche du Rhinqui ont fait partie de l’empire germanique, ap-partiennent à la seconde classe. Quant aux pro-vinces italiennes que l’on vient d’indiquer, l’ex-périence a montré combien peu de dispositionil y a dans les unes, et combien peu de res-sources dans les autres, pour résister 'a l’agres-sion et à l’influence de la France . Certainementle roi d’Espagne a trop participé au systèmedont une si grande partie de l’Europe a été lavictime, pour que les anciens intérêts de sa fa-mille en Italie méritent d’ètre pris en considé-ration [i] ; et la dernière conduite de Gênes etde quelques autres états d’Italie ne leur donneaucun droit à réclamer la justice ou la généro-

France, dès-lors les princes de sa maison peuvent êtredépouillés pour la grande satisfaction du cabinet de Lon-dres . Voilà la justice et la légitimité de ce cabinet! !