Band 
Tome premier.
Seite
423
JPEG-Download
 

PIÈCES JUSTIFICATIVES.

m

sité des alliés. 11 est au surplus manifeste queces petites souverainetés ne pourront plus con-solider leur existence politique, et qu’elles neserviraient qu’à affaiblir et à paralyser la forcequi, autant que possible , devrait être concen-trée entre les mains de la principale puissancede l’Italie .

Il est inutile de s’arrêter particulièrementsur l’état des Pays-Bas . Les événements qui sesont passés ne permettent plus d’élever la ques-tion, s’ils doivent être rendus à la maison d’Au-triche : il s’ensuit qu’il y a de nouveaux arran-gements à prendre à l’égard de ce pays, et il estévident qu’il ne pourra jamais exister commeétat séparé et indépendant. Les mêmes consi-dérations s’appliquent à peu près aux électoratsecclésiastiques et aux autres provinces situéessur la rive gauche du Rhin, ces pays ayant unefois été détachés de l’empire , et leurs ancienspossesseurs ayant reçu des indemnités. Il neparaît donc pas contraire aux principes les plussacrés de la justice et de la morale publique defaire, à l’égard de l’un ou de l’autre de ces pays,telle disposition qui paraisse convenable à l’in-térêt général ; et il est évident qu’après tant demisères et de sang répandu, il n’existe pasd’autre mode de parvenir au grand but de re-créer le repos et le salut de l’Europe sur unebase solide et durable. Il est heureux qu’un pa-reil plan d’arrangement essentiel en lui-mêmepour l’objet qu’on se propose peut aussi contri-buer au plus haut degré à assurer les moyenspar lesquels ce dessein important peut êtrepromu.

Il est très-certainement de la plus haute im-portance , sinon de la plus absolue nécessité,pour cela, de s’assurer de la coopération vigou-reuse et efficace de l’Autriche et de la Prusse ;mais il y a peu de raison d’espérer que l’uneou l’autre de ces puissances puisse être enga-gée à s’embarquer pour la cause générale , si

on ne lui offre la perspective d’obtenir quelqueacquisition importante pour la récompenser deses efforts. D’après ces motifs déjà allégués,S. M. conçoit que rien ne peut autant contri-buer à la sécurité générale que de donner àl’Autriche de nouveaux moyens pour s’opposeraux places de la France du côté de l’Italie , eten plaçant la Prusse dans une position sem-blable à l’égard des Pays-Bas . La situation rela-tive de ces deux puissances ferait naturellementde ces deux pays les points vers lesquels leursvues se dirigeront respectivement.

En Italie , une bonne politique exige que lapuissance et l’influence du roi de Sardaigne soient augmentées, et que l’Autriche soit repla-cée dans une situation qui lui fournisse lesmoyens de porter, en cas d’attaque, un secoursimmédiat et prompt à ses possessions. S. M.voit avec satisfaction, par les communica-tions secrètes et confidentielles que V. E.vient de transmettre, que les vues de lacour de Vienne sont parfaitement d'accordavec ce principe, et que l'extension à la-quelle cette cour vise peut non-seulementêtre admise avec sûreté, mais que, pour l'a-vantage de l'intérêt général, on peut encorey ajouter. Sous d’autres points de vue, S. M.adopte entièrement le plan d’arrangement queS. M. l’empereur de Russie désire voir effectuédans ce pays. S. M. regarde comme absolumentnécessaire pour la sûreté générale, que l’Italie soit soustraite à la domination et à l’influencede la France , et qu’on ne souffre dans ce paysaucune puissance qui n’entrât pas facilementdans un système général pour en maintenirl’indépendance. Pour cela, il est essentiel queles provinces qui composent maintenant ce quel’on appelle république italienne soient don-nées à d’autres souverains. En distribuant cesprovinces, on devra sans doute donner uneaugmentation de puissance et de richesse au