G VIE POLIT. ET MILIT. DE NAPOLÉON.
l’autre sur Moscou . La tâche était difficile, carce grand acte diplomatique devait avoir le doublebut de rétablir l’équilibre politique si fortementébranlé, et de régler désormais le droit publiceuropéen bouleversé de fond en comble par lesorages de la révolution.
Descendu du trône du plus puissant empire àla souveraineté dérisoire de l’ile d’Elbe, par suitede son abdication de Fontainebleau , séparé desa femme et de son fils d’une manière presquehumiliante, et dont l’histoire fera un j our de j ustesreproches à ses ennemis, Napoléon s’était retiréà Porto-Ferrajo, comme Scipion dans son asilede Literne, en quelque sorte exilé, et plus mé-content de l’abandon de ses compatriotes que dela persécution de ses adversaires.
Condamné par le destin à n’être plus qu’unspectateur passif des grandes affaires du monde,qu’il avait dirigées depuis quinze ans par l’ascen-dant de son génie, il emportait néanmoins aveclui le secret pressentiment d’être appelé tôt outard à reparaître sur la scène ; il connaissait troples hommes et les affaires pour se dissimulertoute l’étendue des embarras qui assiégeraientles Bourbons lorsqu’il s’agirait de gouvernerun pays devenu méconnaissable depuis qu’ilsl’avaient quitté, et profondément humilié par lescirconstances désastreuses qui les y avaient ra-