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Précis politique et militaire de la campagne de 1815 : pour servir de supplément et de rectification à la vie politique et militaire de Napoléon, racontée par lui-même / par le Général J***
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8 VIE POLIT. ET MILIT. DE NAPOLÉON.

avait jugé, après vingt ans dexpérience, que sonparti était trop faible pour résister aux vœux delimmense majorité des classes moyennes qui,dans un pays dénué dinstitutions aristocratiques,finit toujours par dicter la loi (i). Il sentait que,pour se maintenir sur le trône, il fallait régneravec cette majorité, cest-à-dire, avec les intérêtsde la révolution : Henri IV avait dit que Paris valait bien une messe, Louis XVIII pensa que lacouronne de France valait bien une constitution.

Il était évident quil ne pouvait gouverner parles anciennes magistratures du royaume, dont ilne restait aucun vestige; ce nétait ni avec les-

(i) Lopinion émise ici paraît avoir inspiré à Napoléon ses fameux décrets de Lyon ; mais dans tout le reste de sacarrière, il semble avoir eu la conviction que, sil est tou-jours bon dagir sur lesprit des masses, il nest pas moinsvrai que les majorités ou les masses sont plutôt faites pourêtre contenues et menées, que pour influencer elles-mêmesla direction des affaires. Dans les grandes questions de lapolitique, les voix doivent se peser et non se compter , caron sait combien les masses sont étrangères à ces questions,même chez les peuples qui se prétendent les plus civilisés.

Quattendre, en effet, de lhabileté politique de la multi-tude, lorsque, au sein dune assemblée de quatre à cinqcents députés représentant les notables dun pays, on auraitpeine à trouver cinquante hommes-détat dignes de ce nom?heureux encore si, parmi ceux-ci, il y a deux ou trois poli-tiques du premier ordre.