CH AP. XXII. CAMPAGNE DE I 8 I 5. t)
funts états de Bretagne , ni avec ceux de Langue doc ou de Bourgogne , qu'il eût été possible demener la France dei8i4- Il fallait donc recréerla machine entière sur de nouvelles bases, et,pour ne pas subir les principes révolutionnaires,il fallait que le roi refit l’œuvre de la révolutionen vertu du droit divin, sur lequel il fondaitles siens : il octroya donc une charte (i).
Bien des publicistes ont blâmé Louis XVIII decette importante mesure ; et en la jugeant d’aprèsles résultats qu’elle produisit, on est forcéd’avouer qu’elle remplit mal son but. S’il eût étépossible de saisir la dictature d’une main vigou-reuse et de gouverner par des ordonnances
(i) Plusieurs écrivains ont affirmé que Louis XVIII nesongea à donner une charte que sur les instances réitéréesde l’empereur Alexandre. Nous avons la certitude qu’eneffet le monarque russe donna ce conseil au prince françaisà Compiègnc; mais il est peu probable que la charte de1814 ait été une improvisation de quelques jours; tout faitdonc présumer que les opinions des deux souverains setrouvèrent d’accord en cette occasion, et que le Roi avaitmédité son pacte dans l’exil.
Quoi qu’il en soit, sa déclaration de Saint-Ouen du 2 maifut suivie d’un pacte dont les dispositions, convenues entreMM. Ferrand, Montesquiou et Dambray , furent rédigéespar M. Beugnot, et discutées ensuite avec une commissionprise dans le sein des autorités établies par l'empire.