22 2 VIE POLIT. ET MILIT. DE NAPOLÉON,des arrière-gardes ennemies (i). Pouvant arriverà Moustier vers dix heures, il eût été maître alorsde diriger son infanterie sur Wavre , parLimale,en poussant les dragons d’Excelmans sur Saint-Lambert , ou bien de marcher à Lasne lui-même,dès qu’à midi il aurait entendu la violente ca-nonnade de Waterloo .
Au lieu de prendre cette habile résolution ,Grouchy , jaloux sans doute de suivre à la lettreles Prussiens sur les talons, comme on le luiavait prescrit, et trompé par les rapports qui luisignalaient encore des colonnes prussiennes surla direction de Pervez, dirigea les siennes surSart à Valain, parce que c’était bien le cheminqueBulow avait suivi : le maréchal s’y décida d’au-tant mieux qu’il ignora complètement que lamoitié de l’armée prussienne eût passé par Gen-tines et Mont-Saint-Guibert, parce que les recon-naissances envoyées de ce côté, le 17, avaientfait leur rapport à Napoléon et non à lui. A cette
(1) Ce mouvement stratégique eût été de ceux qui fontla réputation d’un grand capitaine. Il est probable que Na-poléon, placé à Gembloux dans la situation de Grouchy ,l’eût exécuté; cependant il n’en fit aucune mention, et neprescrivit rien de pareil ; il approuva même le mouvementsur Wavre : c’est qu’il ne crut jamais au téméraire mouve-ment de flanc exécuté par Bliicher.