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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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CHAPITRE XXXV.

Pendant que tout ceci se passait, nousavions quitté Krasnoï. iNapoléon marchait bpied a la tète de sa garde, et parlait souventde ÏN'ey ; il rappelait ce coup d’œil si juste et sisûr, ce courage a toute épreuve, enlin tout cequi le rendait si brillant sur le champ de ba-taille. ,,11 est perdu. Eu bien ! j’ai 300 millions,,aux Tuileries , je les donnerais pour qu’il me„fût rendu.“ Il établit son quartier-général aDombrovvna. IN'ous logeâmes chez une damerusse qui avait eu le courage de ne pas abandon-ner sa maison. J’étais de service ce jour-Ta:l’empereur me lit appeler vers une heure dumatin ; il était très abattu : il était difficile qu’ilne le fût pas, tant le tableau était affreux. Ilme dit: ,,i\Ies affaires vont bien mal, ces pau-,,vres soldats me déchirent le cœur; je ne puis,,cependant y porter remède.“ On cria auxarmes, des coups de feu se tirent entendre, toutétait en rumeur. ,,Allez voir ce que c’est, me,,dit INapoléon avec le plus grand sang-froid; je,,suis sûr que ce sont quelques mauvais Cosaques,,qui veulent nous empêcher de dormir. “ C’étaiteflectivement une fausse alerte. Il n’était pascontent de certains personnages que je m’ab-stiens de nommer. „Quels rois de théâtre ! sans,,énergie, sans courage, sans force morale ! Ai-,,je pu me méprendre a ce point? A quels hom-,,mes je me suis confié ! Pauvre INey, avec qui,,t’avais-je appareillé!“