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lia générai tlapp.
mes en route a quatre heures ; nous étions dansune des calèches de l’empereur. ]Nous aperce-vions les feux des Russes , ils couvraient la riveopposée ; les bois, les marais en étaient remplis ;il y en avait a perte de vue. La rivière étaitprofonde, vaseuse, toute couverte de glaçons;c’était la qu’il fallait la franchir, c’était la qu’ilfallait passer ou se rendre : nous augurions maldu succès. Le général s’expliquait avec fran-chise; il l’avait souvent fait devant Napoléon,qui le traitait de frondeur, et qui néanmoinsl’aimait beaucoup.
Nous arrivâmes au quartier-général d’Oudi-not; le jour commençaitâpoindre; l’empereurs’entretint un moment avec ceinaréchal, mangeaun morceau et donna des ordres. Ney me priten particulier, nous sortîmes; il me dit enallemand : ,,Notre position est inouïe ; si Napo-léon se tire d’affaire aujourd’hui, il faut qu’il,,ait le diable au corps.“ Nous étions fort in-quiets, et il y avait de quoi, Le roi de Naplesvint a nous, et n’était pas moins soucieux. ,,J’ai„proposé a Napoléon, nous dit-il, de sauver sa„personne, dépasser la rivière a quelques lieues,,d’ici; j’ai des Polonais qui me répondraient„de lui, et le conduiraient â Wilna: mais il,,repousse cette idée, et ne veut pas en enten-dre parler. Quand a moi, je ne pense pas,,que nous puissions échapper.“ Nous étionstous les trois du même avis; Murat reprit:,,Nous y passerons tous; il n’est pas question„de se rendre. 14
Tout en causant, nous aperçûmes l’ennemi«fui filait ; ses masses avaient disparu, les feuxétaient éteints; on ne voyait plus que la queue