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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

rive gauche; quatre a cinq mille hommes op-posaient a l’armée ennemie une résistance opi-niâtre. ,,Allez voir quel est l’état des affaires;„gravissez la rive droite, examinez ce qui se,,passe sur la gauche , et vous viendrez m’en,,rendre compte.“ J’allai, je vis des charges d’in-fanterie et de cavalerie très brillantes; cellesque conduisait le général Fournier surtoutétaient remarquables par leur ensemble et leurimpétuosité. Mais la disproportion était im-mense, il fallut céder; les horreurs du pontcommencèrent : il est inutile de reproduirecette scène de désolation.

Nous quittâmes les tristes rit âges de la Béré-sina, où nous avions acquis tant de gloire, etessuyé tant de malheurs; nous nous dirigeâ-mes sur Wilna. On ne s’entretenait , on ne 1s’occupait alors que de l’arrivée des Autrichiens ; Ile moindre soldat ne rêvait que de Schwarzen - iberg. Où est-il? que fait-il? pourquoi ne pa-rait-il pas? Je ne me permettrai aucune ré- |flexion sur les mouvements de ce prince, alors jnotre allié.

Depuis long-temps nous n’avions pas de Inouvelles de France , nous ne savions pas même jce qui se passait dans le grand duché; nous jl’apprimes â Malotechno. TNapoléon l'eçut dix- !neuf estafettes a la fois. C’est là, je crois, qu’il :arrêta le projet de quitter l’armée, mais il nel’exécuta qu’a Smorgoni, â dix-huit lieues enavant de Wilna. Nous y arrivâmes. L’empe-reur me lit demander vers les deux heures;il ferma soigneusement les portes de la piècequ’il occupait, et me dit: ,,Eh bien, llapp,

,,je pars cette nuit pour Paris ; ma présence y