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Mémoires
sistance ; la terre était jonchée de morts, mais,ne se voyant point secourus , ils Furent con-traints de mettre bas les armes, faute de mu-nitions. Je donnai aussitôt l’ordre de repren-dre cette position ; le général Granjean so miten marche avec huit bataillons, quatre pièces ,d’artillerie, et quelques troupes a cheval : l’at-taque eut un plein succès, les Russes furentculbutés et mis en fuite. Ils tentèrent de re-venir a la charge ; mais, toujours rompus, tou-jours^ écrasés par notre cavalerie, ils parurentenfin se décider a la retraite. Nous ne tardâmespas a suivre leur exemple: le champ de batailleétait presque évacué, lorsque les Napolitains,laissés a Langfuhr, furent tout a coup assaillispar des nuées de Cosaques que soutenait uneinfanterie nombreuse. Le général Husson, lecommandant Sxembeck , accourent en toutehâte avec'un bataillon polonais, chargent l’en-nemi a la baïonnette, et en font une bouche-rie affreuse.
Cet échec calma la pétulance des alliés: ilne fut plus question d’échelles ni d’assaut. Demon côté, je les laissai tranquilles : je frétaispas a même de leur donner des alertes bienfréquentes; mes troupes étaient exténuées:sur pied nuit et jour, consumées par les mala-dies, transies de froid, mal vêtues, plus malnourries encore, elles se soutenaient a peine;rien n’égalait leur misère que la résignationavec laquelle elles la supportaient. Des soldats,dont le nex, les oreilles étaient gelés, ou le*blessures encore ouvertes, faisaient gaiementle service des avant-postes. Ouand je les voyaisdéfiler a la parade alFublés de peaux, la tete