Mémoires
22t>
ne purent se mettre en batterie ; poursuiviessans relâche, elles furent contraintes de viderle champ de bataille sans avoir tiré un seul |coup. Les polonais étaient irrésistibles: chefset soldats, tous fondaient sur les Russes avecun abondon, une audace dont on n’a pas |d’exemple. Un tambour, le brave Mattuzalik,en terrassa un avec ses baguettes, et le forçaa se rendre.
Pendant que nous les chassons devant nous,le général Heudelet menace leurs derrières.Dès qu’ils s’aperçoivent de ce mouvement, ce |n’est plus .une fuite, c’est un désordre, une !confusion dont il est difficile de se faire une'image. Ils abandonnent leurs blessés, leurs !hôpitaux; ils évacuent en toute bâte Schweis-koplf, Saint-Albrecht, et ne s’arrêtent qu’au-deîâ dePraust, où nos voltigeurs entrent pêle-mêle avec eux.
En arrivant a Saint-Albrecht, j’appris que tles Russes tenaient encore sur les digues de laMottlau. Je fis des dispositions pour empê-cher qu’ils ne fussent secourus pendant (fixenous irions les chercher. Le major Scifler-litz, avec un bataillon du 13 e bav arois, soutenupar une compagnie de Westphaliens et la flot-tille, fut chargé de cette attaque. Elle eut lieuavec beaucoup d’ensemble et d’impétuosité:trois cents Russes furent couchés dans lapons- |sière avec leur chef, tombé sous les coups dubrave Zarlinwski ; le reste fut noyé ou pns.Une centaine s’échappait â travers l’inondation,lorsqu’ils furent atteints parle lieutenant I'aber,q T ui les chargea a la tête de quelques braves,ayuvnt de l’eau jusqu’au cou, et les ramena. T n