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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Rapp.

enfant, le jeune Kern, enflammait nos soldats;il.les devance, il les excite, il se jette au plusépais de la mêlée. Ses camarades balancent,hésitent à le suivre. Il se retourne avec l’assu-rance que donne le courage : En avant, Bava-rois, s’écrie-t-il, et il les enlève.

Le jour tombait. Les Russes montrèrentdes troupes si nombreuses en avant de Quaden-dorf, que je ne jugeai pas a propos de continuerl’attaque. Nous rentrâmes après avoir causé al’ennemi une perte immense v et lui avoir pristrois cent cinquante hommes. Ce fut presquel’unique résultat d'une sortie si brillante. Apeine si elle nous valut une centaine de bestiaux.Nous avions été prévenus : tout ce que renfer-maient les villages avait été évacué sur lesderrières.

Indépendamment des subsistances, j’avaisun autre objet qui ne me réussit pas mieux.Depuis le commencement du blocus j’étais sanscommunication avec l’armée française; je nesavais ni quelle était sa force, ni avec quellefortune elle combattait. J’avais tout mis enœuvre pour obtenir quelques lumières a cetégard; mais la haine était si générale et si pro-fonde qu’aucune séduction n’avait pu la vaincre.J espérais que les bourgmestres seraient plusdociles, mais ils ne connaissaient que les bruitsl’}’°pagés par les Russes . Je restai plongé dans1 ignorance la plus complète sur ce qui se pas-sait autour de moi.

Après tout, quels que fussent les événe-ments, il fallait défendre la place, et ladéfen-^e le plus long-temps possible, c’est-a-direquil fallait vivre le plus long-temps possible

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