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Mémoires
avec les ressources que nous possédions encore.
Je redoublai d’économie, et, comme on gagnepresque toujours a mettre ses idées en coin- Imun : je créai une commission qui fut exclu-sivement chargée des subsistances. Elle étaitsous la présidence du comte Heudelet , et ren- idit les plus grands services. Elle s’appliquad’une manière spéciale a améliorer la situa-tion des hôpitaux. Elle lit des achats de linge,de médicaments, et remplaça le beurre, qu’onne trouvait plus,, par de la gélatine. Le vin,la viande fraîche , furent réservés aux mala-des; et, afin qu’ils n’en manquassent pas, ellesaisit, après une estimation contradictoire, les jcaves et les bestiaux qui se trouvaient dans la 'place. Les troupes ne reçurent plus que ducheval obtenu par la même voie. Mais toutela sollicitude de la commission ne put maîtri-ser l’épidémie: on eût dit que ce fléau cruels’irritait des obstacles. Toujours plus violent,plus irrémédiable, il éclatait avec une nou-velle force dans les lieux qu’il avait déjà frap-pés , et envahissait ceux qui ne le connais-saient pas encore. Weichselmilnde, INewfahr-wasser, jusjue la h l’abri de ses atteintes , sontmaintenant en proie a ses ravages, lies trou-pes , la population, d’une extrémité de noslignes a l’autre, se débat dans les angoissesd’une maladie cruelle. Ceux qui échappent;ceux qui succombent, sont également dignesde pitié. Livrés a toutes les convulsions dela démence, ils pleurent, ils gémissent, ils* rappellent des combats, des plaisirs qui nesont déjà plus que des songes. Tantôt cal-mes, tantôt furieux, ils redemandent leuf