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du général Rapp.
patrie, leur père, les amis de leur enfance;ils invoquent, ils repoussent, la destinée desbraves qui ne sont plus, et, tour a tour dé-chirés par des passions contraires, ils exhalentun reste de vie dans les horreurs du désespoir.
Plus on prodigue les remèdes, plus les souf-frances sont aiguës. Le mal s’étend par les ef-forts mêmes qu’on fait pour le détruire. Cha-que jour de la dernière quinzaine de mars nousemporta au défia de deux cents hommes. .L’é-pidémie cessa peu a peu d’être aussi meurtrière.Ce ne fut cependant qu’a la fin de mai qu’onen triompha tout-a-fait. Elle nous avait a cetteépoque enlevé cinq mille cinq cents habitants,et douze mille braves. De ce nombre était legénérai Cault, excellent officier, soldat pleinde courage, il méritait un meilleur sort.
Les maladies nous faisaient la guerre auprofit des Russes ; mais eux-mêmes nous inquié-taient peu. L’expédition de Borgfeld avaitamorti leur courage; ils se retranchaient, ilsse fortifiaient, ils n’étaient plus occupés quede mesures défensives. Cependant comme ilfallait bien donner quelque signe de vie, ilscherchaient de temps a autre a surprendre mesavant-postes. Fatigué de ces attaques insigni-fiantes, je voulus leur rendre les insomnies
S u’ils nous causaient. Ils avaient au-dessus derentau un signal qui m’en fournissait les mo-yens. Il ne s’agissait que de l’incendier; j’enconfiai le soin a deux efficiers dont l’intelli-gence et la résolution m’étaient connues. C’é-taientles chefs de bataillon Zsembeket Potocki.Ils sortent de Langfuhr par une nuit obscure,et marchent long-temps sans être aperçus. Des