254
Mémoires
et si entière que l'artillerie n’essaya pas de tirerun seul coup ; elle s’échappa en toute lnite duchamp de bataille. Une colonne de Lithua-niens osa faire tête a l’orage. Le colonel Fa-rine s’élança sur elle avec ses dragons et lacontraignit de mettre bas les armes. La ré--serve était encore intacte. Le brave Redonmarche a elle, il l’épie, il saisit l’instant oùelle se retire, la charge et la fait prisonnière ;en même temps le capitaine Neumann se meta la piste des fuyards ; il vole de la gauche ala droite, sème partout le désordre et ramasse,avec une poignée de soldats , quelques cen-taines d’alliés qu’il oblige a se rendre. Cet avan-tage lui coûta deux blessures. Le sous-lieute-nant Schneider fut encore plus maltraité et re-çut a lui seul douze coups de lance.
J’avais suivi de ma personne le mouvementdu général Bachelu; je m’avençai jusqu’à Wol-dern. Mais les Russes fuyaient dans un teldésordre qu’il me jjarut inutile d’aller plusloin. Les troupes qui les avaient battus suffi-saient pour les poursuivre. Dès que j’apprisqu’elles les avaient poussés a plus de douzelieues de distance, j’arrêtai leur marche. Filesprirent position , et se mirent a enlever lesfourrages et les bestiaux qui se trouvaient dansles lieux dont elles s’étaient emparées.
La réserve que j’avais avec moi était de-venue inutile, par la promptitude et l’habi-leté avec laquelle le géqéral Bachelu avait con-düit cette expédition ; je lui fit passer la Vis-tult". Elle débarqua en avant du fort Lacoste,et se porta siïr la digue que l’ennemi occu-pait encore. En même temps les chaloupes