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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

ras, je tombais dans un autre, Je m’étais pro-curé quelques subsistances, mais la caisse étaitépuisée; elle n’avait pu faire face au montant jdes comestibles que nous avions enlevés. J’a- !vais été obligé d émettre des bons payables audéblocus. Cependant il fallait assurer la solde,couvrir les dépenses de l’artillerie , du génie,sans quoi la place tombait d’elle-méme. A quelexpédient, quel moyen avoir recours dans cetteextrémité? Il n’y en avait qu’un. Je répugnaisa le prendre; mais tout plie devant la néces-sité: je demandai un emprunt de trois millionsaux habitants.

Les Dantxicois étaient révoltés. Ils se plai-gnaient, ils murmuraient, ils menaçaient de seporter a quelque émeute. L’ennemi devenaitplus pressant. La flotte, les troupes de terre,tout prénait une attitude plus hostile. Ce futdans ces circonstances qu’un baron Servien,condamné a mort pour embauchage, accusale sénateur Fiegelau d’être a la tête d’une con-spiration tramée dans l’intérêt de la Russie .

La réputation de ce magistrat était intacte, maisles charges étaient si détaillées, si précises, etles conséquences d’une imprudente sécurité sigraves, que j’ordonnai son arrestation. Son in-nocence fut bientôt reconnue : j’avais un instantcompromis la loyauté de cet homme respec-table; c’était a moi a lui rendre hommage. Jele fis de la manière qui me parut la plus proprea calmer l’impression de cette cruelle aventure.

Les bourgeois étaient restés paisibles , et lesfréquentes escarmouches qui m’avient paru sisuspectes étaient dues au surcroît des troupesqui se succédaient devant la place. Le duc de