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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

rion, accueilli par un coup de feu, va droit àl'officier qui les commande, et le fait prison-nier. Dès lors ce n’est plus un combat, c’estune boucherie, c’est un carnage; tout périt sousla baïonnette, on ne doit la vie qu’a la clémen-ce du vainqueur. Tandis que nos soldats s’a-bandonnent au feu de leur courage, une nuéede Cosaques fond sur eux et menace de lestailler en pièces; mais le général Cavaignac s’ébranle si a propos avec la réserve de cavale-rie , les troupes chargent avec tant d’abandon,l’adjudant-commandant de Erens , les chefsd’escadron Bel et Zeluski, les capitaines Gibert,Fayaux, Vallier, Pateski et Bagatho, déplo-ient tant d’intelligence et de conduite , quel’ennemi culbuté se disperse dans le plus at-freux désordre.

La canonnade s’échauffait de plus en plus.Les Russes occupaient toujours le johannisberg,le plateau en avant de Pitzendorf, et assail-laient Langfuhr avec violence. Je détachaicontre eux un bataillon de la Vistule , soute-nu par les Napolitains que commandait le gé-néral Détrées , ayant sous ses ordres le géné-ral Pépé, que les événements survenus danssa patrie ont depuis rendu si fameux. Le braveSzembeck commença l'attaque; elle eut lieuavec beaucoup d’ensemble et d’impétuosité.Les Russes culbutés a coups de baïonnettes,renversés par des charges meurtrières, cher-chent leur salut dans la fuite. Les Polonaisles pressent avec plus d’audace: le tambourHhade en saisit un par sa giberne, l’arrachedes rangs et le désarme. Le capitaine Fate-zinsky oublie qu’il est blessé ; il s’élance dans