Buch 
Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
Seite
256
JPEG-Download
 

256

Mémoires

Aussitôt les Russes reviennent a la chai'ge; ilsescaladent les hauteurs, ils assaillent le belvé-der, poussent, pressent leurs attaques. Toutesleurs tentatives échouent contre les excellen-tes dispositions du major Deskur, et la bra-voure des chefs de bataillon Johman et Ro-biesky.

Ce n’était pas la première diversion qu’ilstentaient. Déjà ils avaient replié nos avantpostes depuis Schidlitz jusqu’à Ohra : attaquéde front et en flanc, le major Schneider ne sesoutenait dans ce faubourg qu’a force de cou-rage. Tout a coup il aperçoit une colonne >nombreuse qui s’engage imprudemment dansla granda rue: il la charge, il la mitraille, ill’anéantit. Le général Husson survient avecla réserve. Nous reprenons l’offensive ; en uninstant le bois, le village , sont enlevés, et lesRusses mis dans le plus affreux désordre; Lechef de bataillon Boulanger en désarme huit;un sergent blessé d’un coup de feu, le braveVestel, trois; le sous - officier Cornu délivreun des nôtres, et fait mettre bas les armes àl’escorte qui le conduisait.

J’étais de nouveau maître du Johannisberget de Langfuhr, mais ce succès ne pouvaitêtre durable ; les Russes , revenant continuel- jlement a la charge avec des troupes fraiches,devaient finir par l’emporter, D’ailleurs cesdeux positions étaient si éloignées qu’elles nepouvaient ni me nuire, ni m’être bien utiles.

Je donnai en conséquence l’ordre de les éva-cuer, si les alliés se présentaient en force. |Mais l’audace avait fait place a la réserve. Il*craignent de s’éloigner des hauteurs ; ils n o-

sent