Buch 
Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
Seite
257
JPEG-Download
 

257

du général Rapp.

! sent pi’endre possession d’un village aban-donné. Impatients néanmoins de s’en rendremaîtres, ils engagent une action générale pours’emparer d’un poste que j’avais résolu de ne pasdéfendre. Les troupes prennent les armes; laflotte les soutient. Toute ma ligne est atta-quée: quatre-vingts canonnières tonnent deconcert, foudroient Neufahrwasser. Schel-mulle, Neu-Schottland, Ohra, Zigangendorf,deviennent la proie des flammes. L’ennemise répand comme un torrent dans la plaine;il renverse, incendie tout ce qui s’oppose ason jiassage. J’accours au milieu de cet af-freux désordre. Mais déjà les Russes devien-nent moins impétueux; ils échouent devantune poignée de braves que commande le majorPojeck, et laissent les avenues de Kabrun jon-chées de morts. Je les fais suivre: le bouillantGibert accourt avec ses chasseurs; le capitaineMaisonneuve se joint a lui; ils poussent, ilsébranlent cette multitude en désordre et lajettent dans Schelrnulle. Elle se rallie auxtroupes (pii occupent le village et soutient,sans se rompre, les décharges meurtrières ducapitaine Ostrowsky; mais tournée presqueaussitôt par le capitaine Marnier , un des plusbraves officiers de l’armée fançaise, elle fuit,

' elle se débande , elle cherche un refuge jus-que sous les décombres des bâtiments quellea livi rés aux flammes.

La mélée n’était pas moins vive â Langfuhr:assaillis par douze mille Russes , nos postes! luttent, se débattent au milieu de ces épaissescolonnes. Le sergent Szhatkowsky eut besoinde toute sa bravoure pour échapper aux Cosa-