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Mémoires
des’effrayer, nos batteries redoublent de calmeet de justesse. Officiers et soldats , tous s’élè-vent au-dessus du danger et ne songent qu’ala victoire. Un canonnier chargé de I’écouvil-lon a le bras emporté ; le capitaine Pomerenskis’en empare et fait le service. Le sergent Viardsert une pièce qui tire a boulets rouges , et
{ jointe comme au polygone; le lieutenant Mi-ewski ajuste, surveille les siennes, coule unecanonnière, en endommage d’autres, et lesforce d’évacuer le champ de bataille. Le capi-taine Leppigé , le sergent-major Zackowski,le sergent Radzmiski, le caporal Multarowski,donnent les exemples les plus admirables desang-froid et d’intelligence. Le capitaine Hen-rlon, le lieutenant Hagueny, le capitaine defrégate Rousseau, les marins Despeistre, Coste,les caporaux Davis, Dubois, s’attachent aux
I jièces, et ne cessent de combattre que lorsqueennemi a pris la fuite. La flotte, convaincuede l’inutilité de ses efforts, gagne le large avecla satisfaction d’avoir tiré neuf mille coups decanon pour nous tuer deux hommes: elle nousavait aussi démonté deux pièces ; mais elleavait perdu deux canonnières ; neuf autresétaient fortement endommagées. et ses fréga-tes criblées d’obus et de boulets.
Nous eûmes bientôt un ennemi plus redou-table a combattre. Tout a coup la Vistule s’enfle; elle franchit, elle rompt les digueset s’échappe avec impétuosité. La place , l esfortifications, deviennent la proie des flots.Les ponts sont emportés, les écluses anéanties,et les chaussées entr'ouvertes : les eaux, dé-sormais sans obstacles , s’engouffrent dans les