Buch 
Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
Seite
265
JPEG-Download
 

265

du général Puxpp.

fossés et sapent les bastions. Celui de Bœren,celui de Braun-Ross, étaient en ruines, et ilétait a craindre qu’on ne pût maintenir Binon-dation lorsque la Vistule rentrerait dans sonlit: mais le génie ne s’oublia pas dans cettecirconstance désastreuse; a force d’habileté etde constance, il parvint a rétablir les brèches,et, quand le fleuve s’abaissa , l’inondation,alimentée par les branches qui sillonnent leWerder, Réprouva qu’une variation de niveaupresque insensible.

C’était maintenant le tour des Russes : ilsavaient profité des embarras que, nous causaitla crue des eaux ; ils avaient élevé 1 batteries surbatteries, et le 15 novembre ils en démasquè-rent une vingtaine , armées de pièces du plusgros calibre. La flotte vint aussi s’essayer de-vant nos forts. Des masses d’infanterie étaientprêtes a donner l’assaut dès que les palissadesseraient détruites. L’action s’engage ; trois bom-bardes, quarante canonnières, vomissent le feret la flamme sur Pseufalirwasser. Loin de lesabattre, le danger enflamme nos soldats ; ilsjurent de vaincre, ils jurent de punir les agres-seurs. Les troupes de ligne s’attachent auxpièces; l’artillerie les pointe comme a la ma-nœuvre ; elle endommage, elle démâte unefoule de canonnières. Tout a coup une explo-sion terrible se fait entendre : un boulet a pé-nétré dans la saintebarbe, et le sloop a disparu.La même détonation se répète. On se félicité,on s’éncourage ; on brûle d’imiter les bravesqui tirent avec cette admirable justesse. Troisembarcations deviennent presque en mêmetemps la proie des flots, et la première ligne