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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Rapp.

étaient aussi parvenus a sauver quatre millequintaux de grains ; tout le reste était flagrant,tout le reste avait péri. Nous ne conservionspas pour deux mois de subsistances, que lesflammes toujours plus actives et un bombarde-ment continuel menaçaient encore.

Les Russes cheminaient lentement, maisils cheminaient toujours. Ils s’étaient emparésde divers postes et s’étaient porté? en masse surStolaenberg. Trop faibles pour opposer une ré-sistance efficace, nos soldats l’avaient évacué.Le général Husson rassemble quelques trou-pes et fait batti’e la charge. Elle eut lieu avecune rare impétuosité. Le capitaine Milsent,l’adjudant-major Rivel, s’élancent a la tête despl»3 braves, joignent l’ennemi et le culbutent.

Le capitaine Chambure lui préparait uneleçon plus sévère. Il s’embarque par une nuitobscure, trompe la vigilance de la flotte et des-cend vis-a-vis Rohnsack. Il surprend le village,incendie les habitations , les magasins, tue,égorge les hommes, les chevaux, et regagneses chakmpes. Elles n’étaientplus sur le rivage.Les trompettes sonnaient, la générale se fai-sait entendre : la mort paraissait inévitable.Néanmoins il ne perd pas courage; il calmeses soldats, se jette a travers les retranchementsennemis, et arrive sain et sauf au moment où.on le croyait perdu. Il se remet bientôt enroute et marche sur Brœsen ; il tombe a l’im-proviste sur les troupes qui l’occupent, lesrenverse, et ne se retire qu’après avoir brûléleur camp. A peine rentré, il court a une ex-pédition plus périlleuse. Il pénètre dans latranchée de l’ennemi, culbute, chasse ses pos-

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