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Mémoires
tes, et vient s'abriter derrière nos batteries.Le lieutenant Jaimebon, grièvement blessé encommençant l’attaque , combattit comme s’iln’eût pas été brisé par la douleur ; elle était siaiguë que la crainte de décourager les soldatsfut seule capable d’étoutTer ses plaintes. Il mou-rut cinq jours après: honneur a sa mémoireLa compagnie franche devenait chaque jourplus audacieuse. Les tranchées, les palissadesétaient des obstacles illusoires; elle pénétraitpartout. Au milieu d’une nuit épaisse , ellese glisse darbre en arbre le long de l’allée deLangfuhr, et s’approche sans que les dussesl’aperçoivent. Elle saute aussitôt dans leursouvrages , tue les uns , chasse les autres et lessuit jusque dans Itabrun. Le brave Surimont,l’intrépide Rozay, Payen , Dezeau , Gonipetet Francou, se précipitent dans la redoute etl’emportent. Une centaine d’hommes furent
1 >assés au fil de l’épée, les autres ne durenteur salut qu’a la fuite.
Nous faisions a l’ennemi une guerre de sur-prise et d’audace; il nous en faisait une de ruseset de proclamations. Ses batteries n’arrêtaientpas, et nos magasins étaient détruits. Nos trou-pes, exténuées, harassées de corvées et d’in-somnies , n’avaient pour réparer leurs forcesqu’un peu de pain et une. once de viande decheval, si toutefois on peut appeler ainsi lesdébris d’animaux qui, rebutés parla cavalerie,rebutés par les charrois, tournaient la meulejusqu’à ce que, devenus incapables de se sou-tenir, ils étaient traînés a la boucherie, C’estH des hommes si las de combattre et de souffrir Jque les Russes promettaient le repos et l’abon- ;