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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

écrasés. Soutenus par un feu d’artillerie siformidable, les Husses imaginent de nous enle-ver. Ils s’avancent munis débâchés, d’échei-les, et fondent sur la batterie Gudin. Le capi-taine Ra;«unishy la commandait; il les accueille

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par des décharges a mitraille, et les renverse.

Ils se remettent néanmoins, et tentent l’esca-lade; mais, accablés par une fusillade meur-trière, ils ^e 'dispersent a la vue du majorDeskur et laissent armes et échelles dans les 1mains des braves capitaines- Zbievviski et Pro-pocki. Ils essaient, avec aussi peu de succès,de se rendre maîtres de la batterie Fitaer, dansl’allée de Langfuhr. Le colonel Plessmann, lecapitaine Renouard et l’adjudant Stoiling leuropposent une résistence qu’ils ne peuvent vain- 1cre: trois fois ils reviennent a la charge, troisfois ils sont défaits.

Cependant les redoutes Frioul étaient dansun état déplorable : sans parapets, sans fou-gasses, accablées par les obus et la mitraille, (elles ne présentaient plus aucun moyen de dé-fense ; je les fis évacuer. La plus grande partiedes fortifications était encore intacte; mais nosvivres touchaient a leur terme. Le temps desglaces était arrivé. Il aurait fallu vingt millehommes pour m'opposer aux progrès du siège,garder les forts, l’inondation, et maintenirlibre le cours des eaux. La lutte était trop in-égale ; c’eût été verser le sang pour le seul plai-sir de le verser.

Je crus trouver un moyen qui conciliait ,mes devoirs et l’humanité, je calculai le nom- |bre de jours que devait fournir ce qui nousrestait de subsistances ; je proposai de suspen-