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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

CHAPITRE XLIII.

Nous fûmes conduits a Kiow. Nous y ap-prîmes les prodiges de cette poignée de bravesqui n’avaient pas désespéré du salut de la pa-trie. Ils avaient triomphé a Montmirail , 'aSezanne , a Champaubert , partout où l'enne-mi avait osé les attendre. L’Europe entièrefuyait devant eux, la coalition était dissoute....L’obstination d’un soldat nous arracha les fruitsde la 'victoire. Il fallut combattre, vaincre jencore; mais les munitions manquaient, lescorps n’arrivaient pas, les généraux haran-guaient la trouve pour lui faire recevoir descapitulations. Tout fut perdu : notre gloire,

' nos conquêtes s’évanouirent comme une om-bre ; les signes même en furent répudiés.

Le but de la coalition était atteint. Notre 1captivité n’était plus profitable ; nous fûmesrendus a laliberté. Nous revînmes en France :quel spectacle elle présentait! L’émigrationavait envahi l’armée, les antichambres; ellepliait sous les insignes du commandement etles décorations. La première personne queje rencontrai aux Tuileries fut un chef de ba-taillon que j’avais autrefois secouru et protège:il était devenu lieutenant-général; il ne mereconnut plus. Un autre que j’avais eu long-temps a Dantzic, n’avait pas mieux conserve >sa mémoire. Je l’avais accueilli a la recom-mandation du duc de Cadore; j’avais essayeses fades adulations: il me traitait de monseig-