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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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tin général Rapp.

neur, d’excellence; il m’eut volontiers appelél’éternel. Plus je lui témoignais combien cessottises me déplaisaient, plus il renchérissait;il imagina même d’assister a mon lever, linetint pas a lui ([ue je ne me crusse un souve-rain. Ses malversations me délivrèrent de cetobstiné flatteur; elles devinrent si criantes quele gou\ ernement fut près de sévir. Je sauvaiau gentilhomme la honte d’une condamnation;mais je le fis éloigner: il alla exercer son in-dustrie a. Il eut bientôt connaissance de

nos revers , s'effraya , prit la poste , et n’arrëtapas qu’il ne fût en-deça du Rhin : la peur leservit mieux que n’eût fait le courage. Ilavait des épaulettes a gros grains , et quatreou cinq décorations: c’était assex bien débuterdans la carrière; on ne va pas si vite sur lechamp de bataille. Il s’éloigna dès qu’il m’a-

E erçut: apparemment que son costume l’em»arrassait. J’en rencontrai un troisième , quema présence ne mit pas a l’aise. Attaché au-trefois a Joséphine, il avait fait preuve d’uneprévoyance véritablement exquise: afin d’êtreen mesure contre les cas imprévus qui pou-vaient survenir dans les promenades et les voya-ges , il s’était muni d’un vase de vermeil, qu’ilportait constamment sur lui. Quand la cir-constance l’exigeait, il le tirait de sa poche,le présentait, le reprenait, le vidait, l’essu-yait, et le serrait avec soin. C’était avoirl’instinct de la domesticité.

Mais tous ces preux si ardents a la caisse,aux décorations, aux commandements, don-nèrent bientôt la mesure de leur courage.Napoléon parut, ils s’éclipsèrent. Ils avaient