du général Rapp. 283
minutes. Il m’embrassa plusieurs fois, et medit en me tirant la moustache :
,,Allons, un brave d'Égypte , d’Austerlitx,„ne peut m’abandonner. Tu prendras le com-„mandement de l’année du Rhin , pendant,,que je traiterai avec les Prussiens et les Rus-,,ses. J’espère que d’ici a un mois tu rece-vras ma femme et mon fils a Strasbourg . Je„veux que dès ce soir tu fasses ton service,,d’aide-de-camp auprès de moi. Ecris au comte„Maison de venir m’embrasser: c’est un brave„homme; je veux le voir.' 4
Napoléon raconta une partie de cette con-versation à quelques personnes de ses alentours.Il leur dit que je lui avais parlé avec trop deliberté, qu’il m’avait tiré les oreilles.
La fortune lui souriait. Les courtisans ac-couraient en foule ; c’était un abandon, undévouement! ils bouillaient de xèle. Ces pro-testations n’eurent pourtant pas tout l’effetqu’ils s’en étaient promis. Beaucoup furentrepoussés: un sourtout, qui s’obstinait a faireaccepter ses services, fut durement écarté.Comblé de faveurs , d’or et de dignités , ilavait accablé d’outrages son bienfaiteur mal-heureux; il fut conspué, traité de misérable.Ces messieurs se targuent aujourd’hui d’unefidélité a toute épreuve. Ils accusent l’indul-gence du roi dans les salons du faubourg Saint-Germain. Ils voudraient voir conduire a l’é-chafaud tous ceux qui ont été employés dansles cent jours. Le hasard les a servis, les ap-parences sont pour eux; a la bonne heure:tuais les généraux , les ministres de Napolé-°«, les officiers attachés a sa personne , sa-