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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du générai liapp.

la vaincre; mais a la lin cette petite avant-gardefut contrainte de se replier dans le bois. Elles’y maintint avec un courage héroïque, et ré-sista long-temps aux elforts de huit a neufmille hommes , que soutenait une artillerienombreuse. Enlin, après quelques heures dela plus belle résistance, cette poignée de bra-ves se retira dans le plus grand ordre,.et vintse réunir au premier bataillon.

Enhardi par ce succès, l’ennemi lit descen-dre ses masses. Il déboucha par la grande route,se dirigea sur Seltz , dont il croyait s’emparersans difliculté. Nous le laissâmes arriver sousle feu de nos batteries ; dès qu’elles purent jouer,une décharge épouvantable porta la mort dansses rangs. Rassuré par le nombre, il continuanéanmoins d’avancer, et le combat se rétablitavec plus de vigueur qu’auparavant. Mais,toujours contenus par la valeur de nos soldats,et foudroyés par l’artillerie française, les Au-trichiens Unirent par céder, et se retirèrent endésordre dans le bois. Leurs mouvements dèslors devinrent incertains, et ils hésitèrent long-temps sur ce qu’ils avaient a faire. Nos pièces'continuaient de porter la mort au milieu deleurs colonnes. L’attaque n’était pas plus péril-leuse que l’inaction ; ils marchèrent en avant,et parvinrent a s’emparer de la partie de laville située sur la rive gauche. Niais ce triom-phe leur corita cher. Quelques obus lancéssur les maisons dont il étaient maîtres les con-traignirent a les quitter, et a regagner préci-pitamment leur premier asile; nos batteries re-doublèrent leur feu, et firent essuyer aux fuy-ards une perte immense.