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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

Cette attaque ne fut pas la seule dans la-quelle ils échouèrent. Dès le commencementde l’action, ils s’étaient avancés, par la granderoute de Weissembourg a Haguenau, sur Sur-bourg , qu’occupait un bataillon du 18 e , com-mandé par le colonel Yoyrol. Ce village futvaillamment défendu: pendant plus de deuxheures l’ennemi ne put y pénétrer; mais il dé-ploya enfin des forces si considérables , que,dans la crainte de voir tourner la position, legénéral Albert la fit évacuer. Nos soldats se. re-plièrent derrière la Saaré, où ils se réunirentau reste du régiment. Assaillis en cet endroitpar l’élite de l’armée autrichienne, ils restèrentinébranlable. Lassés de tant d’attaques infruc-tueuses , convaincus qu’ils ne parviendraientpas a forcer des hommes qui paraissaient dé-cidés a mourir h leur poste, ni a s’emparer desavenues de la forêt , J.es alliés se décidèrentenfin a la retraite.

Nous avions trois cents hommes tués oublessés: les Autrichiens, de leur propre aveu,en avaient perdu deux mille et avaient eudeux pièces de canon démontées.

Nos troupes avaient a peine pris quelquesheures de repos, lorsque je fus obligé de lesremettre en marche. L’armée alliée du Haut-Rhin s’avançait sur Strasbourg ; cette nouvellem’était parvenue pendant l’action. Je n’avaispas un instant a perdre. Je me dirigeai sansdélai sur cette place, et l’événement a fait voirsi cette mesure était juste.