CHAPITRE XXII. ' 235
» sont les forces disséminées de l’ennemi, au lieu» defrapper au cœur , selon l’expression de S. M.
des baïonnettes, répond Augereau. La séance continuant sur ceton , il se retire; mais tenant la porte entrouverte : ■■ Vous pouvez» battre en retraite jusqu’à Paris : je m’en f... Quant à moi, mille» bombes ! je ne le ferai pas. » Et il sortit, laissant les membresdu Conseil stupéfaits de sa résolution. Vers deux heures au matin,il fut appelé chez le général en chef qui, pâle et défait, était encoredebout. Augereau en l’abordant, lui dit : « Eh bien! qu’as-tu décidé» hier avec ton conseil de guerre? — bien ; mais après avoir loilg-« temps réfléchi, je pense comme toi qu’il faut marcher à l’ennemi,» et l’attaquer partout où nous le trouverons. Voici mou plan : tu» marcheras sur Monte-Chiaro ; je m’avancerai avec Massena sur» Lonato; Sauret ira reprendre ses anciennes positions de Salo , et» débloquera Guyeux. » Augereau dans l’effusion de sa joie, s’écria» eu se jetant à son cou : « Vive la République ! la victoire est à» nous. »
Aussitôt sa division se met en marche sur. Monte-Chiaro. Obligéde rester encore une heure à Brescia pour ordonner quelques dis-positions relatives aux subsistances et aux muuitions, il apprend àun kilomètre de cette ville , que Castiglione vient d’être évacué. Iln’y avait pas un instant à perdre : il part au galop avec son état-major et son escorte, pour arrêter ce mouvement rétrograde. Eupassant à Moute-Cliiaro, trouvant les troupes sous les armes, il veuten savoir la cause. Ou lui rapporte que le général Valette, com-mandant à Castiglione , venait d’annoncer qu’il opérait sa retraite,parce que l'ennemi paraissait marcher sur la ville, et d inviter aen faire autant. Augereau adressa de violens reproches à ses géné-raux <le brigade , leur rappelant qu’ils n’avaient d’ordre à recevoirque du général eu chef et de lui, et leur enjoignit de faire formel-les husceaux, et d’attendre l’ennemi de pied ferme.
, Sur ces entrefaites, paraît le général Valette. Augereau aprèsl’avoir accablé d’invectives, lui retira le commandement de sa brigade,«t prescrivit au général Robert de la ramener â Monte-Chiaro.
Vers 4 heures après midi, le général Bonaparte arriva et des.