Band 
Tome second. Deuxième partie.
Seite
396
JPEG-Download
 

3g6 CAMPAGNE DE l8l4»

fermait l’arrière-garde de cette colonne longueet mince. Les deux Maréchaux marchaient àl’arrière-garde.

La nuit était très-obscure : quelques feux à de-mi-éteints éclairaient, de distance en distance ,le sommet de la montagne de Saint-Pierre àdroite de Sézanne. On voulut les reconnaître;des ravines très-profondes s’y opposèrent; enfin ,un dragon ayant mis pied à terre , se glissa dansla ville, et revint annoncer qu’elle était déserte.

Au moment où l’on apportait cette désagréa-ble nouvelle, des vedettes ennemies s’avancaientpour reconnaître l’avant-garde : c’étaient cellesd’un détachement du général Ziethen qui était en-tré à Sézanne aussitôt après le départ de l’arrière-garde du général Gompans, et qui croyant toutel’armée française passée, avait établi son bivouacen sécurité près de cette ville. Au cri des vedettesprussiennes, la tête delà colonne formée en massepar pelotons dans un petit champ à droite du che-min, saisie d’épouvante, se sauve au galop surAllement. Le comte Belliard et le général Rousselcrient, menacent, et les dragons s’arrêtent enfin.Pendant que des officiers les forment de nouveau,et que d’autres dissipent l’alarme propagée dans lacolonne, les généraux délibéraient tumultueuse-ment, sans rien décider. Le jour allait poindre,il n’y avait pas une minute à perdre. Fallait-ilautre chose que de l’audace pour tirer l’armée