Band 
Tome troisième.
Seite
280
JPEG-Download
 

280

CONSIDÉRATIONSl’esprit ne peut-on pas trouver dans les sociétésangloises, quand on y est heureusement placé !La faveur et la défaveur des ministres et de lacour n’est absolument de rien dans les rapportsde la vie , et vous feriez rougir un Anglois, sivous aviez l’air de penser à la place qu’il oc-cupe , ou au crédit dont il peut jouir. Un sen-timent de fierté lui fait toujours croire que cescirconstances n’ajoutent et notent rien à sonmérite personnel. Les disgrâces politiques nepeuvent influer sur les agrémens dont on jouitdans le grand monde ; le parti de l’opposition yest aussi brillant que le parti ministériel : la for-tune, le rang, l’esprit, les talens, les vertus,sont partagés entre eux ; et jamais aucun desdeux n’imagineroit de s’éloigner ou de se rap-procher d’une personne par ces calculs d’am-bition qui ont toujours dominé en France .Quitter ses amis parce qu’ils n’ont plus de pou-voir , et s’en rapprocher parce qu’ils en ont,est un genre de tactique presque inconnu enAngleterre ; et, si les succès de société ne con-duisent pas aux emplois publics, au moins laliberté de la société n’est-elle pas altérée pardes combinaisons étrangères aux plaisirs qu’ony peut goûter. On y trouve presque invaria-blement la sûreté et la vérité qui sont la base