344 CONSIDÉRATIONS
me une preuve que les monarchies absoluespeuvent au moins être favorables aux progrèsde la littérature. Les lettres, du temps d’Au-guste , n’étoient guère qu’un art libéral, étran-ger aux intérêts politiques. Sous Elisabeth, laréforme religieuse excitoit les esprits à tous lesgenres de développemens, et le pouvoir les fa-vorisoit d’autant plus, que sa force consistoitdans l’établissement même de cette réforme.Les progrès littéraires de la France , sousLouis XIV , comme nous l’avons déjà dit dansle commencement de cet ouvrage, ont étécausés par le développement intellectuel queles guerres civiles avoient excité. Ces progrèsont conduit à la littérature du dix-huitièmesiècle, et, loin qu’on puisse attribuer au gouver-nement de Louis XV les chefs-d’œuvre de l’es-prit humain qui ont paru à cette époque , il fautles considérer presque tous comme des attaquescontre ce gouvernement. Le despotisme donc,s’il entend bien ses intérêts, n’encouragera pas leslettres, car les lettres mènent à penser, et la pen-sée juge le despotisme. Bonaparte a dirigé les es-prits vers les succès militaires ; il avoit parfaite-ment raison selon son but : il n’y a que deuxgenres d’auxiliaires pour l’autorité absolue, cesont les prêtres ou les soldats. Mais n’y a-t-il