CAMPAGNE DE l8l2.
l/ t 8
montrent assez clairement la fausseté de l’opi-nion trop généralement répandue parmi le mili-taire , qu’une frontière, pour être avantageuse,doit être rétrécie. C’est un abus de mots qui aconsacré ce préjugé. Il est certain qu’il est plusdifficile de garder tous les points d’une lignetrès-étendue que de celle qui ne l’est pas;mais défendre une frontière n’est point in-terdire à l’ennemi d’y pénétrer sur quelquespoints, c’est l’empêcher, en dernier résultat, deformer un établissement solide dans le paysqu’elle couvre. Faute d’avoir fait cette distinc-, tion, on a confondu ce qui était avantageuxpour un cordon de douaniers, avec ce qui de-vait l’être pour une armée chargée de la défensed’un pays. En effet, plus une frontière est éten-due , plus il devient facile d’opérer sur les flancsde l’armée envahissante, et le rôle de l’armée quidéfend le pays est d’autant plus allégé quelletrouve en tous sens des lignes d’opérations pro-fondes et par conséquent excellentes; au con-traire , lorsqu’une frontière est rétrécie, l’arméequi la défend , gênée dans ses manoeuvres, nepeut opérer sur les flancs de l’ennemi, sans s’ex-poser à être resserrée entre l’armée de ce der-nier et l’obstacle qui rétrécit la frontière; ainsielle se voit forcée à exécuter une retraite per-
/