124 MÉMOIRES 1)E NAPOLÉON.
la politique de ces lois ne serait pas violée,s’il usait d’indulgence envers des personnesqui se trouvaient dans un cas tout-à-fait ex-traordinaire. .
Il avait déjà jugé une question pareille ,lorsque étant général d’artillerie, il armait lescôtes du midi. Des membres de la familleChabrillant, se rendant d’Espagne en Italie ,avaient été pris par un corsaire, et amenésà Toulon ; ils «avaient été aussitôt jetés dansles prisons. Le peuple, sachant qu’ils étaientémigrés, voulait les massacrer. Napoléon pro-fita de sa popularité; par le moyen des canon-niers et des ouvriers de l’arsenal, qui étaientles plus exaltés , il préserva cette famille detout malheur ; mais craignant une nouvelle in-surrection du peuple, il la fit monter dans descaissons vides qu’il envoya aux îles d’Hières ,et la sauva.
Le gouvernement anglais ne montra pasune générosité pareille envers Napper-Thandy,Blackwell et autres Irlandais, qui, jetés parun naufrage sur les côtes de Norwège, tra-versaient le territoire de Hambourg pour re-tourner à Paris . Ils avaient été naturalisésFrançais , et étaient officiers au service de larépublique. Le ministre anglais, à Hambourg ,força le sénat de les arrêter à leur passage;